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Les sciences occultes

 

 

Les poltergeists

 

Bien plus agressifs que les fantômes, les poltergeists peuvent s’attaquer aux bien comme aux personnes. Plusieurs cas attestent de la réalité de ces « esprits frappeurs ». Pouvoir de l’esprit ou pouvoir des esprits ?

 

Les premières anomalies surviennent au mois d’août 1992 : dans le pavillon préfabriqué où vivent les Griggs, à Portsmouth ( Angleterre ), les meubles commencent à changer de place tout seuls. Puis- signes classiques de troubles liés à des poltergeists, ou « esprits frappeurs »- des odeurs nauséabondes et des bruits venus de nulle part s’installent dans la maison. Une pièce du rez-de-chaussée semble être le centre des manifestations. La famille, effrayée, l’évite. En désespoir de cause, Mme Griggs fait appel à un prêtre et à un médium. Les deux hommes s’accordent sur l’origine des phénomènes : selon eux, la petite Jasmin Griggs est apparemment possédée par l’esprit d’un précédent locataire…

L’hypothèse se confirme le jour où Jasmin commence à s’exprimer par de rauques intonations d’adultes. Régulièrement, la fillette répond à sa mère avec des accents gutturaux, proches du parler du nord de l’Angleterre. On fait alors appel à deux autres médiums qui parviendront à identifier la « présence » d’un homme nommé Percy, justement originaire de cette partie du pays. Surmontant le désespoir que suscite l’ignoble emprise qui s’exerce sur sa fille, la courageuse Mme Griggs va retrouver des forces dans l’action : elle soumet aux autorités locales les conclusions émises par les spécialistes du paranormal appelés à la rescousse. Elle refuse notamment de payer son loyer tant que les nuisances occasionnées au foyer familial ne seront pas « réparées ».

 

*** L’hypothèse de la psychokinésie ***

 

Les esprits frappeurs ne sont pas un phénomène nouveau. Un cas a été signalé en Chine aux alentours de l’an 900 de notre ère. Une autre affaire, plus lointaine encore, eut pour cadre l’ex-Empire romain, en 530 après J.-C. Plus près de nous, un phénomène de poltergeist anima la dernière rencontre entre Sigmund Freud et son disciple Carl Jung.

Les deux hommes s’étaient réunis en tête à tête, dans la demeure viennoise de Freud, pour tenter une dernière fois d’accorder leurs points de vue au sujet de l’inconscient. Loin de parvenir à un compromis, leur rencontre devint houleuse et même orageuse. Les deux génies en venaient aux invectives et aux anathèmes quand leurs échanges furent brusquement interrompus par des coups violents, frappés contre le mur qui les séparait de la bibliothèque. Interloqués, ils allèrent voir de quoi il retournait, mais ils ne trouvèrent personne dans la pièce voisine. Jung, qui croyait aux phénomènes occultes- notamment à la psychokinésie et à la réincarnation- considéra cet incident comme une manifestation psychokinétique spontanée. Freud refusa toute explication parascientifique : ce débat, qui fut le dernier entre les deux psychologues, consomma non seulement la rupture entre la maître et l’élève, mais ouvrit également deux courants opposés dans l’histoire de la psychanalyse.

Le terme de « poltergeist »- un mot d’origine allemande signifiant « esprit bruyant »- est très approprié pour désigner un phénomène s’accompagnant fréquemment de bruits aussi forts qu’étranges. Principale différence entre les poltergeists et les fantômes : dans le premier cas, le phénomène s’attache généralement à une personne plutôt qu’à un lieu. Là où se déplace la personne « épicentre », l’activité poltergeist suit. Plus précisément, ces phénomènes d’esprits frappeurs sont souvent reliés à une personne jeune, de sexe féminin, généralement dans une situation de stress. Andrew Green, célèbre enquêteur dans le domaine du paranormal, connaît bien ce lien entre l’activité poltergeist et les jeunes personnes. Il considère néanmoins, à la lumière de ses nombreuses investigations, qu’il n’y a pas d’explication passe-partout. Il est convaincu que l’activité poltergeist relève en fait de la psychokinésie, c’est-à-dire la capacité de déplacer les objets et de produire des bruits par la seule pensée. Il soutient que ces phénomènes peuvent être générés inconsciemment par des personnes des deux sexes, dès l’âge de 3 ans jusqu’à la fin de la quarantaine. Le plus souvent, on relève un traumatisme psychique chez le sujet. Pour étayer cette thèse, Green cite l’un des cas sur lesquels il a enquêté : l’affaire Johnson.

 

*** Le moine-fantôme ***

 

Les époux Johnson s’inquiètent de l’étrange comportement de leur garçon, âgé de 4 ans. L’inquiétude grandit au point de soupçonner la présence d’une entité surnaturelle car, dans la maison, des craquements se manifestent, des objets semblent se déplacer tout seuls et des appareils électriques cessent de fonctionner sans raisons. Toute cette activité paraît être concentrée autour de l’enfant. Le père du garçon, Tom Johnson- qui vient d’être licencié- et sa femme Julie, incriminent des phénomènes paranormaux. Julie affirme même avoir vu le « fantôme d’un moine glissant sans bruit le long de l’escalier ». En juin 1983, les Johnson sont au bord de l’hystérie quand ils sont mis en rapport avec Andrew Green. Avant de se rendre au domicile des Johnson, à Gravesend, dans le Kent, ce dernier compulse sa documentation sur l’endroit. Il ne découvre aucun lien historique entre l’emplacement du pavillon et une quelconque communauté religieuse. L’affaire du moine-fantôme lui paraît peu plausible. Il pense plutôt que Julie Johnson a été abusée par son imagination, stimulée par des phénomènes inexplicables. Selon Green, l’ensemble des signes décrits- sons étranges, caprices des appareils ménagers, légers mouvements de petits objets, famille en état de stress- indiquent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène de fantôme mais peut-être de « psychokinésie récurrente spontanée », généralement associée à un membre de la famille en état de déséquilibre mental.

 

*** Les pouvoirs de l’esprit ***

 

Lorsque Andrew Green rencontre les Johnson, il devine tout de suite que le problème n’est pas uniquement d’ordre surnaturel mais implique le psychisme de leur jeune fils. Il pense que l’activité poltergeist a été déclenchée par un sentiment de mal-être du petit garçon, négligé par ses parents. Les Johnson vivent en effet dans un climat familial tendu ces derniers temps. Sur les conseils de Green, tous vont s’efforcer de rétablir des relations familiales normales. Effectivement, peu de temps après, l’activité poltergeist- moine-fantôme y compris- disparaît. D’après Green, ce cas illustre comment les pouvoirs de l’esprit peuvent déboucher sur une manifestation surnaturelle. William Roll, un parapsychologue américain, rejoint en partie cette analyse. Il a constaté que « sur 92 affaires d’activité poltergeists centrée sur une personne, quatre des épicentres supposés étaient épileptiques ». Après étude des travaux de Roll, Andrew Green reconnaît que certaines affaires de poltergeist peuvent avoir un rapport avec l’épilepsie. Le sujet atteint de cette maladie, siégeant dans le lobe temporal, perd conscience pour une période variable- d’une minute à une demi-heure-, et certains pouvoirs de son esprit pourraient alors être libérés et produire des phénomènes psychokinétiques. Cependant, comme Roll l’a constaté, l’épilepsie n’intervient que dans un faible pourcentage de cas.

 

*** Poltergeist et schizophrénie ***

 

 

A la lumière de ces travaux, Green a mis en évidence la possibilité d’un lien avec un autre type de troubles psychiques : la schizophrénie. L’une de ses premières enquêtes, en 1956, concernait une jeune fille de 15 ans vivant à Battersea, un quartier du sud de Londres. Shirley Hitching pouvait produire à la demande des sons frappeurs longs et bruyants. Elle expliqua à Green et aux deux journalistes qui l’accompagnaient que les sons provenaient de Donald, son « polty » ( poltergeist ). « Quelques jours après avoir rencontré Shirley, j’ai eu la surprise de recevoir une lettre de quatre pages de son « polty », et plus tard une carte de Noël » se rappelle Green. J’ai demandé à Shirley comment une entité invisible pouvait écrire une lettre, acheter un timbre au bureau de poste et déposer l’enveloppe dans une boite aux lettres. Elle répondit calmement : « Il faudra que je pose la question à Donald ». Mais je ne reçus cette fois aucune réponse. Trois psychologues spécialisés confirmèrent que la lettre avait été écrite par une personne atteinte de schizophrénie, ou pour le moins sujette à un grave désordre mental. Plus significative est une affaire qui survint également en Angleterre. L’enquête réalisée par le parapsychologue Maurice Grosse dans un pavillon d’Enfield fit d’ailleurs l’objet d’un livre écrit par un certain Guy Playfair.

Voici un résumé de ce cas surprenant :

Pendant 14 mois, à partir de la fin août 1977, le domicile de Mme Peggy Hodgeson est la proie d’une activité poltergeist centrée autour de Janet, sa fille âgée de 11 ans. Le mobilier familial subit d’importants dégâts : plusieurs meubles sont déplacés violemment en différentes parties de la maison. Des graffitis apparaissent spontanément sur les murs, et l’on voit de l’eau jaillire ici et là… Ces phénomènes font la une de nombreux journaux du monde entier, et pour cause : ils peuvent en effet être observés par de nombreux témoins, y compris par la police, par des scientifiques et des enquêteurs spécialisés. Après plus d’un an, les troubles d’Enfield s’arrêtent de façon aussi mystérieuses qu’ils avaient commencé. On ne sait toujours pas s’il s’agissait d’une véritable activité poltergeist ou de psychokinésie récurrente spontanée, produite inconsciemment par Janet Hodgeson à une période difficile de sa vie. Maurice Grosse raconte ce qu’il a vu dans la maison à l’époque : « J’ai vu des billes projetées à travers la pièce s’arrêter tout net sur le plancher, sans rebondir… comme si une main invisible les avait posées là. Et quand on les touchait, les billes étaient chaudes. Puis de gros meubles commencèrent à se déplacer, jusqu’au jour où, sous nos yeux, un canapé se renversa complètement. De l’eau suinta sur le plancher de la cuisine, et dessina les contours d’un nain. Des pots de fleurs s’alignèrent au milieu de la pièce, et des graffitis apparurent sur les murs. Il y eut aussi des débuts d’incendies, des odeurs très fortes, et des endroits particulièrement froids dans la maison. Il s’agissait d’une activité typique de psychokinésie, mais l’ampleur de cette affaire a changé ma façon de voir la vie après la mort. »

 

*** Poltergeist et glande pinéale ***

 

Guy Playfair, le biographe de cette affaire, va échafauder sa propre théorie sur la source de l’énergie poltergeist : la glande pinéale. Située au centre du cerveau, cette glande contrôle l’émission des hormones sexuelles. Selon lui, cette glande peut, au cours de la puberté, sécréter des « hormones générant une énergie créatrice. Lorsque l’enfant se sent doté de cette nouvelle force, il lui faut un exutoire. A défaut, cette énergie disponible pourra être captée par des « entités maraudeuses », qui se l’approprient pour leurs propres fins ». Plus schématiquement, Playfair compare cette énergie à une sorte de « football psychique ». « Arrivant sur les lieux deux ou trois esprits aperçoivent le « ballon » qui est là. Ils font alors ce que ferait n’importe quel groupe de gamins : ils tapent dedans et s’amusent avec, brisant des vitres et provoquant une hilarante pagaille ! »

 

*** Création d’un poltergeist ***

 

La thèse de Guy Playfair sous-entend que les incidents poltergeist résultent de l’activité d’une entité intelligente, d’une forme d’esprit malin qui cherche à détruire ou à « posséder ». Pour Andrew Green, au contraire, les incidents poltergeists procèdent uniquement de l’inconscient : ils refléteraient les pouvoirs créateurs et de mise en scène auxquels le sujet fait appel pour gérer des émotions réprimées et des conflits émotionnels. En 1972, à Toronto, au Canada, une fascinante série d’expériences est entreprise pour tenter de démontrer l’origine humaine des phénomènes de psychokinésie récurrente spontanée. Huit membres de la Société Canadienne pour la Recherche Psychique créent, avec leur énergie mentale, un personnage totalement imaginaire du XVIIe siècle qu’ils nomment Philip. Après plusieurs mois de séances hebdomadaires, « Philip commence à communiquer en frappant sur une table et en la faisant bouger. » Il est même capable d’en provoquer la lévitation devant les caméras de télévisions ! Cette première affaire de psychokinésie récurrente spontanée induite marque un tournant en matière de recherche paranormale. Hélas, l’expérience ne sera jamais validée. Impossible en effet de prouver que les chercheurs ont réellement provoqué la psychokinésie, sans être à leur insu les jouets d’un poltergeist. Une « entité maraudeuse » intervenant dans une expérience visant à réfuter son existence, quelle ironie !

 

*** L’esprit d’assurance ***

 

 

D’autres tentatives scientifiques pour expliquer la cause de la psychokinésie récurrente spontanée restent vaines. Les tests effectués sur Janet Hodgeson, la jeune fille au centre de l’affaire d’Enfield, n’ont fait que souligner que ce sujet possédait des capacités extraordinaires en matière de perceptions extrasensorielles… sans pour autant parvenir à expliquer le phénomène. Inexpliqué mais réel : en 1944, une C° d’assurance britannique, la Commercial Union, accepta en effet de verser 400 livres sterling en réparation de dégâts mobiliers constatés dans une HLM écossaise. La compagnie avait délégué deux enquêteurs chargés d’évaluer la réalité des phénomènes poltergeists supposés responsables des dégâts. Après deux semaines seulement, ils en avaient vu assez pour admettre le bien-fondé de la demande et préconiser un dédommagement de 50% du sinistre ! Si le concept d’entité surnaturelle n’a pas troublé outre mesure le sens des affaires d’une compagnie d’assurances, les chercheurs spécialisés en matière de paranormal s’échinent toujours à prouver l’origine du phénomène poltergeist : serait-il issu d’une vie au-delà de la mort ou des fantastiques capacités de l’inconscient, en grande partie inexplorées ?

La recherche continuera donc, dans l’avenir, afin d’élucider une question pleine d’esprit.

 

 

La taverne de l’étrange- 10 novembre 2006

Vendredi 10 Novembre 2006 à 18h00 dans Les poltergeistsPoster un commentaire

 

LES ESPRITS FRAPPEURS

par Dane de l'équipe



De tous les faits mystérieux se rapportant aux fantômes et aux esprits, ceux qui sont certainement les plus aisés à vérifier scientifiquement sont les activités des esprits frappeurs. Toutes les personnes qui y assistent peuvent entendre des bruits étranges et voir des objets voler dans les airs. Que sait-on de ces phénomènes récent, ou connu depuis longtemps ? Existe-t-il une explication scientifique du comportement troublant de ces "esprits bruyants", dont les coups et le tintamarre bouleversent soudain des foyers jusque-là normaux et sans histoires ? Il semble même que certains esprits frappeurs aient le sens de l'humour... 
     

Shirley Hitchins avait toutes les apparences d'une adolescente normale. Elle vivait avec ses parents dans une des maisons toutes semblables qui bordent Wycliffe Road, rue d'un quartier ouvrier de Londres. Comme plusieurs de ses amies, elle avait abandonné assez tôt ses études pour travailler, et paraissait assez contente de la place de vendeuse qu'elle avait trouvée dans un grand magasin londonien. Et voilà qu'en 1956, peu après son 15 ème anniversaire, elle commença à ne plus être une jeune fille ordinaire. Cela commença un matin où, à son réveil, elle trouva une clef qui brillait sur sa courtepointe. Elle ne l'avait jamais vue, de même que ses parents, et cette clef n'ouvrait aucune des portes de la maison. Les nuits suivantes, sa chemise de nuit fut brutalement tirée pendant son sommeil, tandis que des coups violents étaient accompagnés de bruits légers et de grincements provenant d'autres endroits de la maison, et des meubles pesants se déplaçaient dans les pièces. Après quelques jours, épuisée par le manque de sommeil, la jeune fille alla passer une nuit chez une voisine, Mrs. Lily Love, afin d'essayer de se reposer. Mais "la chose" la suivit. Un réveille-matin et des objets en porcelaine furent déplacés sur une étagère de la maison de Mrs. Love par une main invisible, un tisonnier fut jeté à travers une pièce, et la montre-bracelet de Shirley fut enlevée de son poignet et jetée sur le plancher. 

 

Shirley montrant une chaussure qui avait été le foyer de certaines activités de l'esprit frappeur au cours de la séance ; voir image suivante...

Après quoi son père, conducteur d'autobus, décida de rester une nuit près de sa fille pour savoir ce qui se passait. Son père lui tenait compagnie. Shirley se coucha dans le lit de sa mère. Tout fut calme un certain temps; puis le lit commença à recevoir des coups sonores. Elle était encore réveillée, les mains posées sur les couvertures. Au bout d'un moment, elle appela son père et son oncle pour leur montrer les rideaux et s'aperçurent que ceux-ci étaient tirés avec une force considérable vers le pied du lit. Tandis qu'il luttaient contre cette force invisible, ils virent soudain la jeune fille devenir raide et, à leur stupéfaction, son corps se souleva en l'air de quinze centimètre, absolument privé de tout support. Surmontant leur peur, les frères Hitchins prirent le corps qui flottait et le tirèrent d'au-dessus du lit. Shirley semblait hébétée, elle dit par la suite avoir ressenti une pression terrible au creux du dos. La lévitation ne se produisit qu'une seule fois, et sembla être l'apogée de ces faits étranges, car le lendemain les manifestations reprirent la forme de bruits de coups. Ils suivaient la jeune fille partout, même dans l'autobus. Ses collègues du magasin lui conseillèrent de voir le médecin de l'établissement. Celui-ci, d'abord sceptique, fut bientôt persuadé "qu'il se passait quelque chose" quand les coups retentirent dans son cabinet médical. Ce qui rendit le mystère encore plus complet, c'est qu'un mois environ après la première manifestation, celle de la clef, tout cessa complètement comme magie.

 


 

Une des diverses tentatives de libérer Shirley Hitchins de l'esprit frappeur qui la harcela pendant un mois fut un exorcisme fait par Harry Hanks, ami de la famille. Après être entré en transe, Mr. Hanks communiqua avec un esprit, et reçut alors l'assurance que le "poltergeist" n'importunerait plus Shirley ( à droite de la cheminée ).

Aujourd'hui, quelques trente années plus tard, il est impossible de juger ces évènement avec une totale objectivité, car nous n'avons comme témoignages que les articles de presses et les interviews des intéressés. On peut cependant en conclure que Shirley Hitchins, ses parents, Mrs. Love, et le médecin qui examina la jeune fille, étaient des personnes raisonnables, très terre à terre, et dont aucune n'avait eu auparavant d'expérience de phénomène métapsychique.


Les coups frappés à Hydesville


Est-il possible que les esprits de certains morts tentent de communiquer avec les vivants ? Quelle était la cause de ces étranges coups frappés dans la maison de campagne des Fox et qui ont donné naissance au spiritisme moderne ? Pouvons-nous croire les dernières confessions des sœurs Fox ?


Tel est l’article que je vais vous dévoiler ici même…

 

( Le spiritisme moderne – croyance selon laquelle il est possible de communiquer avec les esprits des morts – eut pour origine les expériences effectuées par la famille Fox à Hydesville dans l’état de New York, après une série troublante de bruits et de coups frappés dans leur demeure. Les trois sœurs Fox, Kate au centre, Margaret à droite et Leah à gauche ).


John était décidé à découvrir la cause des bruits étranges qui, pendant plusieurs nuits, avaient empêché sa famille de dormir. Dans la petite maison de campagne, il secoua une fenêtre, s’attendant à trouver du jeu dans le châssis. Comme pour lui répondre, un coup sec résonna en écho dans la pièce. « Fais comme moi ! » dit Kate, sa petite fille de sept ans, en tapant dans ses mains comme pour jouer. On entendit le même nombre de coups, comme s’ils provenaient de mains invisibles.

« Non, fais seulement comme moi, compte un, deux, trois, quatre ! » ajouta Margaret qui, elle, avait dix ans, en entrant dans le jeu. Quand on eut entendu quatre coups, Margaret était trop effrayée pour poursuivre le jeu que les enfants avaient commencé. Ces coups mystérieux frappés en 1848, dans la petite maison d’Hydesville, dans l’état de New York, furent non seulement la cause de la brouille qui devait survenir dans la famille Fox, mais aussi l’annonce de la naissance du spiritisme. Les années qui suivirent l’incident de ces coups étranges vécu par la famille Fox virent le début et l’extension de ce nouveau mouvement controversable - que certains appellent religion - alors que, des deux côtés de l’Atlantique, les gens s’efforçaient d’entrer en contact avec les esprits des disparus.

La famille Fox inventa une méthode simple pour communiquer avec l’invisible présence dans la maison de campagne. Elle lui posait des questions auxquelles la présence pouvait répondre simplement par « oui » ( un coup) ou par « non » ( deux coups ). En utilisant ce code, la présence se fit connaître comme l’esprit d’un colporteur assassiné, dont le corps avait été enterré sous la maison. La nouvelle de ces coups frappés se répandit rapidement dans la petite ville et bientôt les Fox invitèrent leur voisins à venir écouter leurs conversations avec l’esprit du colporteur. Lorsque John Fox proposa de creuser un trou dans la cave pour tenter de trouver la corps, il y eut une foule de volontaires. Toutefois, le travail dut être abandonné, les coups de pioche ayant fait apparaître une nappe d’eau.


 

Dessin représentant la maison des Fox au moment émouvant où, pour jouer, les deux fillettes Kate et Margaret, demandèrent d’abord aux étranges bruits de claquettes et aux coups frappés de répéter les série de coups qu’elles frappaient elles-mêmes. A la surprise de la famille, ces séries furent très exactement répétées. Quelques mois plus tard, cependant, on recommença à creuser. A une profondeur d’un mètre cinquante, les terrassiers trouvèrent une planche et, sous la planche, ensevelis dans du charbon et de la chaux vive, des fragments d’os et des cheveux dont on pensa qu’ils appartenaient à un squelette humain.

 

Le reste du squelette fut découvert cinquante-six ans plus tard, selon un article dans le Boston Journal du 23 novembre 1904. Celui-ci précisait qu’un mur crépi situé à un mètre de la cave s’était effondré. Au cours des fouilles entreprises pour le réparer, les ouvriers déterrèrent un squelette humain presque complet. Près des ossements se trouvait une boîte métallique de colporteur. Cette découverte conduisit à la théorie selon laquelle l’assassin – si crime il y avait eu – avait enterré d’abord le corps dans la cave de la maison, puis, craignant qu’il ne fût découvert, l’avait déterré pour l’enterrer à nouveau entre les deux murs.

Les adeptes du spiritisme pensent que le colporteur était l’auteur des coups frappés et que ceux-ci étaient destinés à conduire son meurtrier devant la justice. Si tel était son but, il n’y parvint pas. Les Fox établirent qu’il s’appelait Charles B. Rosma, mais on ne trouva jamais aucune trace d’une personne de ce nom. Une domestique Lucrèce Pulver, qui avait travaillé quatre ans auparavant pour les locataires de la maison dans laquelle les Fox habitaient, intervint au moment où les étranges coups créaient un grand émoi. Elle parla de la venue d’un colporteur dans la maison à l’époque où celle-ci était habitée par ses maîtres, M. et Mme Bell. Le colporteur avait passé la nuit dans la maison, raconta Mlle Pulver, et elle avait alors été renvoyée chez ses parents. A son retour, on lui dit que le colporteur était parti.

 


 

Carte postale de 1930 représentant la maison de campagne originale des Fox dans laquelle les mystérieux coups frappés furent entendus pour la première fois. La maison a été depuis détruite par un incendie et rebâtie exactement semblable et à la même place.

Cette maison de campagne avait une étrange réputation, même avant que les Fox ne s’y installassent, et le précédent locataire avait déménagé à cause de bruits mystérieux. Mais il n’y avait rien de nouveau dans de tels coups frappés. L’histoire et les légendes sont pleines de récits de semblables évènements troublant. La seules personnes à avoir établi un dialogue avec les bruits. Le 31 mars 1848, jour où eut lieu la première communication, est considéré à présent comme la date de naissance du spiritisme.

Cependant, le terrain avait été préparé pour le mouvement spirite. Le plus illustre de ses précurseurs fut Emmanuel Swedenborg, né en 1688, qui était à la fois philosophe et homme de science, possédait de multiples talents…

 

…C’est ce que nous allons découvrir dans le prochain article…

 


( récits et photos tirés de documents personnels ) Dane

*


Une vision d’un spirite en état de transe


Swedenborg commença sérieusement à écrire sur le monde du spiritisme en 1744. Dans ses rêves au cours de son sommeil, dans ses visions en état de veille, il errait dans l’autre monde où, affirmait-il, il recevait des instructions de la part des esprits de rois, de papes, de saints, et de personnages bibliques. Ses récits soulevèrent un intérêt considérable pour l’au-delà et donnèrent naissance à une conception nouvelle de la nature de cet au-delà. Selon la croyance des chrétiens, à la mort d’une personne son âme s’en allait au Ciel ou en Enfer, ou, selon la foi catholique, au Purgatoire. Dans tous les cas, la vie future de l’âme était supposée totalement séparée du monde des vivants. A l’encontre de cette théorie, Swedenborg décrivait l’au-delà comme très semblable à la vie d’ici-bas et ses conversations avec les morts montraient – à ceux qui le croyaient – que la communication entre les deux mondes était possible.


 

 

( Emanuel Swedenborg ( 1688- 1772 ) fut considéré comme le précurseur du spiritisme. Bien qu’il ait eu certains pouvoirs médiumniques dans sa jeunesse, il n’acquit une connaissance plus profonde du monde spirite qu’à l’âge mûr, époque à laquelle, tout en étant éveillé et conscient, il errait dans le monde des esprits ).

 

Environ soixante-quinze ans après sa mort, L’esprit de Swedenborg se manifesta dans l’aventure mystique d’un autre homme qui, lui aussi, était prédisposé aux visions. André Jackson Davis, que l’on appela le Voyant de Poughkeepsie, était un apprenti cordonnier de 18 ans.

Un jour de 1844, il entra en état de semi-transe et erra hors de sa maison de Poughkeepsie, dans l’état de New York. Le matin suivant, il se retrouva à plus de 60 km de là, dans la montagne où, comme il le déclara plus tard, il s’entretint avec l’esprit de Swedenborg et avec celui d’un physicien grec du II e siècle, Claude Galen. Au cours de cette rencontre, il fut plongé dans un état d’illumination mental. Bien que Davis n’eût reçu aucune instruction, il se mit à enseigner et à écrire sur les pouvoirs surnaturelles du corps. Il appelait ces pouvoirs surnaturels le magnétisme et l’électricité du corps humain. En 1845, il commença à dicter en état de transe une œuvre impressionnante intitulée Les Principes de la Nature, ses Révélations Divines, et une Voix pour l’Humanité. Dans ce livre, dont la rédaction dura quinze mois et qu’il dicta à un pasteur, on trouve cette prédiction de Davis :


« C’est la vérité que les esprits conversent entre eux alors que l’un est dans le corps et l’autre dans les hautes sphères et cela est aussi vrai quand la personne qui est dans le corps est inconsciente du flux reçu et ne peut donc être convaincue de ce fait. Et cette vérité se présentera avant longtemps sous la forme d’une démonstration vivante. Et le monde accueillera avec délices la venue de l’ère où s’ouvrira ce qui est au plus profond des Hommes et où s’établira la communication spirituelle… »


Dans ses notes, datées du 31 mars 1848, figurent les mots suivants : « Au lever du jour, ce matin, un souffle chaud est passé sur mon visage et j’ai entendu une voix, à la fois tendre et puissante, me dire : “ Frère, l’œuvre de bien a commencé – regarde, une démonstration vivante est née. ” Et je suis demeuré là, à me demander ce que pouvait bien vouloir dire un tel message. » Ce que cette voix pouvait avoir voulu dire apparut bientôt clairement, car ce fut précisément ce jour-là que la famille Fox ( voir les premiers articles ) établit pour la première fois une communication avec l’invisible…

 

( note perso : n’oublions pas que d’autres civilisations connaissaient cette communication avec le monde de l’au-delà, Chamans de Sibérie, Chamans d’Amérique du nord etc.)

 

…L’extraordinaire coïncidence de la révélation de Davis avec les coups frappés à Hydesville contribua à établir sa réputation de prophète du spiritisme.


( première pierre d’un sanctuaire du spiritisme dont la construction commença en 1955 et qui demeura inachevé. Ce monument est situé derrière la réplique de la maison de campagne des Fox.

Traduction de l’inscription de la stèle :  «  le berceau et le sanctuaire du spiritisme moderne. Cette stèle a été érigée grâce à la participation généreuse des spiritistes et de leurs amis du monde entier, en l’honneur de tous les médiums doués depuis l’époque des sœurs Fox de 1848. A nos médiums spirites présents et futurs. Cette première pierre fut achevée et posée par le ministre de la science spirite et divine et ses amis, le 4 juillet 1955. »)

 

article envoyé par Dane et mis en ligne le 12 juillet 2008


Samedi 12 Juillet 2008 à 11h55 dans Les poltergeists1 commentaire(s)


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