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Le dédoublement
L’énergie qui permet de voyager hors de votre corps. Les hommes d’aujourd’hui sont les esprits de demain. Les esprits d’aujourd’hui sont les hommes d’hier… Le dédoublement ( mot apparu dans la langue française en 1870 ) consiste à perdre l’unité de sa propre personnalité psychique et à user de cette faculté pour être présent virtuellement à un autre endroit par l’intermédiaire d’un autre corps, invisible celui-là, appelé corps astral ou corps éthérique. S’il y a présence réelle attestée du corps physique, à deux endroits différents, on parle alors d’ubiquité ( du latin ubique, « partout » ) ou de bilocation.
Mais attention, il ne faut pas confondre le dédoublement avec la lévitation, qui est l’élévation dans l’espace du corps physique sans appui ni aide matérielle. Les cas les plus connus de lévitation sont ceux de sainte Thérèse d’Avila, de Joseph de Copertino et Daniel Dunglas Home. La mystique espagnole et carmélite sainte Thérèse d’Avila ( 1515-1582 ) a relaté ainsi ses expériences de lévitation : « Quand j’essayais de résister, j’avais l’impression qu’une grande force me poussait les pieds. Je dois avouer que j’éprouvais une peur terrible car lorsque le corps se soulève, les sens restent en éveil et j’étais restée suffisamment moi-même pour me voir m’élever dans les airs. »
Au XVIIe siècle, le moine italien saint Joseph de Copertino était connu pour ses lévitations pendant des extases religieuses, lévitations ayant souvent lieu au cours des messes dominicales célébrées dans son monastère ! Daniel Dunglas Home, né en Ecosse en 1833, était en permanence entouré de phénomènes de poltergeist. Mais il fut célèbre pour ses séances de lévitation effectuées en présence de nombreux témoins qui ne découvrirent aucune supercherie. Sa renommé vient surtout de l’expérience réalisée le 13 décembre 1868 dans son appartement d’Ashley House à Westminster, Londres. Trois témoins présents ont certifié avoir vu Home flotter dans la pièce, traverser une fenêtre, rester debout quelques secondes à l’extérieur puis revenir dans la pièce, comme si de rien n’était ! Pour l’écrivain anglais Trevor Hall, « Home avait un énorme pouvoir de suggestion sur ses amis et sa séance de lévitation était une habile supercherie mise au point par Home dans son propre intérêt. » Home décrivit lui-même ses expériences : « Pendant ces élévations ou lévitations, je ne ressens rien d’autre qu’une sorte de puissance électrique autour des pieds. Je ne me sens pas soulevé et n’ai jamais éprouvé la moindre peur. Souvent mes bras se raidissent et s’étirent au-dessus de ma tête, comme si je saisissais le pouvoir invisible qui m’a lentement arraché du sol. » Le dédoublement, cette sortie hors du corps, a souvent lieu chez des personnes qui se trouvent au seuil de leur mort ou qui sont victimes d’un traumatisme grave ( opération, maladie ou accident de voiture ) ou encore au cours d’un sommeil particulier.
Marcel Aymé évoque cette notion dans Le Passe-Muraille : « Il y avait à Montmartre, dans la rue de l’Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine qui possédait le don d’ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver, de corps et d’esprit, en tant de lieux qu’il lui plaisait. » Pour les esprits sceptiques, les phénomènes de dédoublement ne sont que des hallucinations, des rêves ou parfois même de la supercherie pure et simple. Les convaincus soutiennent quand à eux que la meilleure preuve de la réalité du dédoublement provient de la similitude des récits fournis par tous ceux qui ont vécu une telle expérience, à travers le monde entier et quelle que soit leur culture. C’est aussi l’avis du docteur américain Charles Tart : « Etant donné sa distribution apparemment universelle dans toutes les cultures et à travers toute l’Histoire, le dédoublement constitue ce que le psychiatre Carl Jung appelle une expérience archétypique et donc potentiellement accessible à de nombreux êtres humains pour la simple raison qu’elle participe de la nature humaine. »
Depuis des millénaires, de nombreuses civilisations anciennes ont fait référence aux expériences de dédoublement. Les premiers écrits de l’Inde mentionnent que parmi les huit siddhis de l’être humain ( c’est ainsi qu’ils nommaient les pouvoirs surnaturels ), le sixième est celui « qui permet de voler dans le ciel. » Pour les Egyptiens, chaque personne possédait, à côté du corps physique, un autre corps, appelé corps astral ou corps spirituel ( en égyptien, c’était le ba ), ayant la forme d’un oiseau à visage humain ( symbole de ce qui échappe aux lois de la pesanteur ). A la mort de cette personne, le corps astral était censé quitter le corps physique pour planer au-dessus de lui. On trouve de nombreuses représentations de cette croyance sur des peintures murales de tombeaux. Les Egyptiens croyaient pouvoir entrer dans le plan astral par dix grilles et sept portes. Dans la Grèce antique, six siècle avant Jésus-Christ, on connaissait l’histoire d’Hermotime de Clazomènes, réputé pour faire de nombreux voyages hors de son corps. Son épouse ne supportant plus ces expériences, demanda à des amis de cacher le corps physique de son mari afin de l’effrayer et de l’obliger à cesser ses « voyages » pour qu’il reste auprès d’elle ! Mais les prétendus amis, plutôt que de cacher le corps, l’incinérèrent. L’âme de Clazomènes ne trouva alors aucun refuge et vagabonde depuis pour l’éternité.
Dans l’Ancien Testament, on apprend comment le prophète Elisée parvint à déjouer l’attaque de l’ennemi syrien en utilisant le dédoublement : grâce à un voyage hors de son corps, il réussit à se transporter dans la chambre du roi syrien et à lire ses plans d’attaques ! Dans la religion chrétienne, on cite de nombreux cas de dédoublement : la résurrection de Jésus-Christ ; saint Paul, qui parle d’une personne emportée au paradis en ces termes : « Etait-ce dans son corps ? Hors de son corps ? Je ne sais. Dieu le sait » ; saint Paul encore qui, le premier, mentionna « la corde d’argent » qui relierait le corps spirituel au corps physique et serait un véritable cordon ombilical des voyageurs de l’astral ; saint Antoine de Padoue qui, en 1226, utilisa ce qu’on appelle le don d’ubiquité pour faire au même moment son serment dans l’église de Limoges et dans un monastère situé à plusieurs kilomètres de là ; le Padre Pio ( 1887-1968 ), de son vrai nom Francesco Forgione, doué lui aussi de ce don d’ubiquité. Dans de nombreuses religions orientales et chez les Indiens d’Amérique du Nord, les sorciers ( appelés chamans ) se voient attribuer le pouvoir de quitter leur corps par leur propre volonté afin d’accompagner l’âme des morts jusqu’à la terre des ancêtres. Au Tibet, les religieux ( appelés lamas ) croient en l’existence d’un principe spirituel capable de faire apparaître matériellement des formes mentales qui peuvent être vues par tout le monde : les tulpas. Ces derniers peuvent prendre la forme d’un être humain, d’un animal, d’un objet ou même d’un paysage.
Alexandra David-Neel, qui fut en 1927 la première Européenne à entrer dans Lhassa, la capitale du Tibet, a assisté à des séances au cours desquelles apparaissent des tulpas ( elle affirme aussi être parvenue à en créer elle-même ). Voici comment l’aventurière anglaise décrit ce phénomène dans son célèbre livre Mystiques et magiciens du Tibet ( 1929 ) : « Grâce au tulpa, l’odeur d’un buisson de roses fantôme se répandra au loin ou une maison fantôme abritera des voyageurs en chair et en os. » Pour les lamas tibétains, l’univers qui nous entoure est une simple vision mentale. Il est possible, disent-ils, d’augmenter la puissance de la production mentale grâce à des exercices appropriés comme la maîtrise de la respiration ( permettant de parvenir à la sérénité de l’esprit ) et la pratique intense de la méditation. Les tulpas ont beaucoup intrigué les Occidentaux qui donnent deux interprétations de ce phénomène : il pourrait s’agir soit d’une hallucination soit d’un cas de suggestion très forte. Au XIXe siècle, le dédoublement fut popularisé par la spiritualiste russe Héléna Blavatsky, fondatrice en 1875 de la Société théosophique ( du grec theos, « Dieu » et sophia, « sagesse »). L’essentiel de la théorie théosophique repose sur le fait que les êtres humains existent sur bien d’autres plans que le strict plan physique. Ainsi Mme Blavatsky écrivait : « Le corps astral est la réplique fidèle, sur le plan spirituel, du corps physique et il est capable de quitter celui-ci pour s’aventurer dans des régions fort lointaines, inaccessibles au corps physique. Le corps astral de chacun de nous voyage durant le sommeil mais seul le véritable initié est à même de commander à son corps astral de quitter son enveloppe physique grâce à ce que j’appelle la projection astrale. Tout individu initié voit, en plein jour, le corps astral des autres personnes qui apparaît sous la forme d’un halo multicolore autour du corps physique et révèle l’essence de chaque personnalité à travers toute une gamme de couleurs. »
Au XXe siècle, les « voyageurs hors du corps » les plus connus sont l’Anglais Hugh Calloway et les Américains Sylvan Muldoon et Robert Monroe. Hugh Calloway, né en 1885, faisait de fréquents rêves au cours desquels il percevait de petits cercles bleus animés de mouvements vibratoires « qui ressemblaient à des œufs de grenouilles ». Adepte de la philosophie théosophique de Mme Blavatsky, Calloway disait qu’il pouvait s’élever vers le ciel et qu’il avait mis au point une méthode personnelle pour quitter son corps. Il affirmait le faire par « la porte de sa pinéale ». De quoi s’agit-il exactement ? La glande pinéale est située au centre du cerveau : elle était considérée par Descartes comme « le siège principal de l’âme » et par les théosophes comme l’organe responsable du dédoublement. Elle a même été assimilée au fameux troisième œil ( point de jonction de l’esprit et du corps ) des Orientaux et de Lobsang Rampa. Hugh Calloway affirmait réussir à s’élever au-dessus du sol, à planer à au moins trente mètres d’altitude et à traverser les murs. Tout cela au prix d’une lutte farouche contre une force invisible qui le tirait en arrière et provoquait de puissantes migraines : « Une nuit, je décidais de défier cette force en demeurant dans mon rêve jusqu’à ce que la migraine disparût. Le plus difficile fut de rentrer dans mon corps. Ce n’est que par un effort extrême que j’y parvins mais mes muscles restaient engourdis. Je dus me concentrer intensément pour réussir à lever un de mes doigts et vaincre, petit à petit, cette paralysie en éprouvant une forte nausée. » Calloway fut supplanté, dans les années 30, par un jeune américain né en 1903 : Sylvan Muldoon. Ce dernier prétendait avoir été initié au dédoublement dès l’âge de douze ans, à l’occasion d’une réunion spirite dans l’Iowa où sa mère l’avait emmené. Fatigué par la durée de cette réunion, Muldoon s’endormit. Au cours de son sommeil, il eut l’impression de se réveiller brusquement tout en étant sourd et aveugle : « Mon corps entier se mit à vibrer très vite, dans le sens vertical, et je sentis une énorme pression à l’arrière de ma tête. Puis je pus de nouveau entendre et retrouvais la vue en constatant avec étonnement que je flottais dans l’air, tout raide, à l’horizontale, à plus d’un mètre au-dessus de mon lit. Mes deux corps identiques restaient unis par une sorte de câble élastique d’une longueur d’environ un mètre quatre-vingt. Ma première pensée fut que j’étais mort pendant mon sommeil ! » Après la Seconde Guerre mondiale, on découvrit Robert Monroe, agent publicitaire de son état, qui révéla à toute l’Amérique ses capacités de dédoublement : il avait alors 43 ans, c’est-à-dire un âge beaucoup plus avancé que son compatriote Muldoon.
Robert Monroe pense que « le dédoublement est un phénomène au cours duquel le sujet semble percevoir une certaine partie d’un certain environnement qu’il lui était impossible de percevoir à partir de l’endroit où son corps physique se trouvait à ce moment là. Le sujet, sachant qu’il ne rêve pas ou ne fantasme pas, semble être dans un état de conscience normal ( bien que sa raison lui dise que ce phénomène n’est pas de l’ordre du possible ) et sent qu’il dispose de toutes ses facultés critiques normales. » Pour Monroe, le dédoublement présente cinq caractéristiques essentielles : - c’est une expérience humaine universelle qui se produit à tous les endroits de la planète ; - c’est une expérience unique, apparemment vécue par accident : ainsi, elle se produit soit durant le sommeil sans qu’on sache ce qui l’a provoquée, soit au cours d’une maladie ( en général grave ), soit à l’occasion d’un choc émotionnel important ; - c’est une expérience profonde qui modifie de façon radicale les convictions de la personne qui l’a vécue ; - c’est une expérience extrêmement heureuse pour ceux qui l’ont connue ; - la description de ce qui est vécu en un lieu distant est en général correcte et plus précise que ne le laisserait supposer la coïncidence. *** Récits incroyables de dédoublement ***
De nombreux écrivains ont raconté leurs propres expériences en matière de voyage hors du corps : D. H. Lawrence, Aldous Huxley, Arthur Koestler, Emily Brontë, Guy de Maupassant, Jack London ou encore Ernest Hemingway.
L’auteur de L’Adieu aux armes fut blessé, en juillet 1918 sur le front italien, par les éclats d’un obus qui lui criblèrent les jambes, et vécut à cette occasion une expérience de dédoublement : « Mon âme, ou quelque chose qui sortait de mon corps comme quand vous tirez un mouchoir de soie de votre poche, se déploya autour de moi, puis revint et réintégra mon corps, mais je n’étais pas mort. » Hemingway relate là une sortie hors du corps qui ressemble en de nombreux points à celles décrites par beaucoup de personnes. Une autre célébrité du XXe siècle connut également une expérience de dédoublement : il s’agit de Charles Lindbergh. Celle-ci survint au cours de son inoubliable traversée en solitaire de l’Atlantique de mai 1927, à bord du Spirit of Saint Louis. Il en était alors à sa vingt-deuxième heure de vol ( soit encore à onze heures trente de l’arrivée au Bourget ). A ce moment précis, Lindbergh était enveloppé d’un épais brouillard et commençait à ressentir les effets de la fatigue : « J’étais hors du temps et de la matière. Je sentis que je me séparais de mon corps tout comme j’imagine l’esprit se dégageant de notre forme corporelle. Je flottais dans le cockpit, à travers le fuselage, puis j’obliquais vers le haut, à l’extérieur de l’appareil, avant de prendre une forme qui, j’en avais conscience, ne ressemblait en rien à la forme humaine que j’avais laissée dans un avion volant à grande vitesse. Mais je restais lié à mon corps par un long câble si ténu qu’un simple souffle aurait pu le rompre. » Lindbergh a-t-il eu une véritable expérience de dédoublement ou bien a-t-il été victime d’une hallucination provenant de l’état d’extrême fatigue dans lequel il se trouvait ?
Dans son livre Le Voyage hors du corps, Robert Monroe présente des statistiques effectuées à partir de cinq cent quatre-vingt-neuf expériences réalisées par lui-même en douze ans, soit une moyenne de près d’un dédoublement par semaine !
Ainsi on apprend que :
58 % des expériences furent faites la nuit ( contre 42 % le jour ) ; 64 % lorsqu’il était préoccupé ; 40 % par déclenchement délibéré de sa part ; 67 % des symptômes qu’il a perçus furent une sensation de chaleur ; 94 % des cas lui procurèrent une impression de mouvement. Et pour conclure ce chapitre, la fameuse affaire « Emilie Sagée » et les expériences menées par Paco Rabanne. Emilie Sagée est une française qui a défrayé la chronique en 1845 à Riga ( Lettonie ). Engagée comme professeur de français par un institut pour jeunes filles riches de la ville, elle fut très vite au centre de phénomènes paranormaux qu’elle ne contrôlait pas. Ses élèves disaient apercevoir une silhouette à ses côtés- comme un véritable double- à la seule différence que le double ne tenait pas de craie dans sa main ! Certaines jeunes filles révélèrent même qu’elles réussirent à traverser ce double avec leurs mains. Pourtant, Emilie Sagée ne voyait pas son double et ne se rendait compte de sa présence qu’en fonction du comportement agité de ses élèves et de l’intense fatigue qu’elle ressentait, comme si son double lui prenait de l’énergie. La peur finit par s’emparer des élèves au point qu’au bout de dix-huit mois, trente des quarante-deux élèves furent retirées de l’institut par leurs parents ! Devant cette hécatombe, préjudiciable à l’image de marque de son établissement, le directeur décida de licencier Emilie. Elle avoua alors que c’était la dix-neuvième fois qu’elle perdait son poste d’enseignante depuis qu’elle avait commencé son métier, seize ans auparavant. Depuis cet événement, on perdit définitivement sa trace. Le couturier Paco Rabanne, lui, commença très jeune- dès l’âge de sept ans- ses expériences parapsychologiques. En effet, étant insomniaque, il se réveillait toutes les nuits, se mettait à lire énormément et finissait par tomber dans une méditation créative au cours de laquelle il voyait se dérouler devant lui des images précises. C’étaient des instantanés de mondes inconnus, des paysages extraordinaires, des scènes se passant à des époques révolues. Une nuit, il se dit qu’il lui fallait arrêter le temps.
« J’ai cherché et j’ai trouvé la technique pour arrêter le temps. Ecoutant mon cœur battre, je me mets à respirer exactement selon mon rythme cardiaque. Puis j’appuie fortement mes paupières sur mes yeux et je me sens alors partir. Brusquement, le temps se fige sur moi. Je me sens pris dans une chape de plomb. Des tonnes de matières figées m’écrasent le visage, me pèsent sur le corps et puis me voilà ensuite projeté à une vitesse colossale dans un long tube argenté. J’ai un peu peur. C’est beau et hallucinant à la fois comme de pénétrer dans un tableau de Bruegel. Puis, soudain, je me retrouve dans un monde étoilé, brillant, parfumé, lumineux. Je voyage hors de mon corps. Au début je ne m’éloignais guère de mon corps. J’avais trop peur. Mais après plusieurs « sorties », je fus maître du temps en parvenant à le contracter. Je pense que chacun de nous possède en lui cette faculté. C’est donc une de nos possibilités naturelles. Lorsque l’on a appris à sortir de son corps, à voyager dans l’espace, à jouer avec le temps, on peut ensuite retrouver toutes nos vies antérieures. » *** Les recherches des scientifiques ***
L’étude du phénomène de dédoublement a, il faut le reconnaître, peu intéressé les scientifiques : ainsi, les savants soviétiques ou français n’ont jusqu’à présent rien fait paraître qui fasse autorité. Même les américains ont été longs à s’y mettre. Cependant, ces dernières années, différents résultats d’enquête ont été publiés concernant ce qu’outre Atlantique on appelle la NDE ( Near Death Experiment : « l’Expérience proche de la mort », qui fut le thème du film L’Expérience interdite sorti en 1990 et qui eut un énorme succès aux USA ). Par cette appellation de NDE, la médecine américaine désigne un coma profond au cours duquel les patients sont considérés comme morts cliniquement, c’est-à-dire qu’ils ont des tracés d’électro-encéphalogramme et d’électrocardiogramme entièrement plats. Or certains patients reviennent à la vie et décrivent des phénomènes étonnants. Parmi les enquêtes les plus connues, citons par exemple celle effectuée auprès de mille habitants de Charlottesville ( Virginie ) qui révéla que 14 % de la population de la ville affirmait avoir vécu une expérience de dédoublement. Bien sûr, il fut difficile aux enquêteurs de vérifier la véracité de ces affirmations.
En 1978, Dean Shiels, professeur à l’université du Wisconsin, étudia la croyance au dédoublement de soixante-dix cultures non occidentales. Résultat : 95 % croyaient à la réincarnation ! Une autre enquête, datant de 1982, faite par le psychiatre Fowler Jones de l’université du Kansas, auprès de 420 personnes choisies au hasard aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, indique que 339 d’entre elles ( soit près de 81 % ) affirment avoir voyagé au moins une fois en dehors de leur corps. Dans l’ensemble, les gens gardent un excellent souvenir de leur expérience et affirment que leur corps astral évolue librement dans le temps ( passé, présent ou futur ) ce qui permet même, parfois, d’infléchir le cours du destin. C’est ce qui arriva, paraît-il, à l’un des interviewés qui, en état de dédoublement, se retrouva dans une pièce où des collègues de bureau étaient en train d’organiser son assassinat ! revenu dans son corps physique, il se précipita chez l’un d’eux pour exiger des explications et obtint de lui des aveux complets ! Les conclusions de Fowler Jones restent prudentes : « Dans l’état actuel de nos travaux, tout ce que nous pouvons dire c’est que les gens ressentent cette expérience comme terriblement concrète et réelle. Le dénominateur commun à tous ces récits est que l’esprit se sépare radicalement du corps et se déplace de façon autonome, à quelques kilomètres ou à des centaines de kilomètres. » Le docteur Karlis Osis, auteur de Ce qu’ils ont vu au seuil de la mort, a fait de nombreuses expériences dont les plus connues furent celles effectuées avec un médium de l’Etat du Maine : Alex Tanous. Celui-ci devait essayer de se dédoubler de son corps physique afin d’identifier des objets placés dans une salle voisine. Les résultats communiqués, s’ils sont vrais et que tout a été contrôlé scientifiquement, sont étonnants : Alex Tanous obtint, sur 197 épreuves, 114 identifications exactes soit un taux de réussite de près de 58 % !
Les travaux les plus poussés actuellement aux Etats-Unis sont l’œuvre de Kenneth Ring, psychologue dans le Connecticut et de Raymond Moody, docteur en philosophie. Kenneth Ring fit, au cours des années 80, de nombreuses enquêtes à but statistique. Ainsi, il constata que 48 % des personnes ayant failli mourir avaient expérimenté le dédoublement. De plus, les circonstances de la mort ou les croyances religieuses n’avaient aucune incidence sur le contenu même de l’expérience. Pour Ring, « L’être de lumière est une projection de notre être intérieur. C’est une sorte d’aspect de Dieu ou du Créateur ou encore de l’entité, selon le terme qui convient à chacun. Ce qui se passe pendant un dédoublement n’est pas inhérent à la mort ou à la transition entre vie et mort. Cela ressemble aux expériences mystiques connues en Inde. Peut-être cet état est-il destiné à libérer le potentiel spirituel de l’individu, potentiel jusque-là inhibé. » *** Les 11 étapes d'une EMI selon Moody ***
Raymond Moody a consigné ses travaux dans son livre La Vie après la vie. Il recueillit cent cinquante témoignages de personnes étant revenues à la vie après une mort clinique, un accident de la route ou une maladie grave. Il appela cette situation : l’état de mort imminente. En analysant ces cent cinquante cas, Moody se rendit compte que onze éléments caractéristiques étaient communs à chacun de ces cas. Dans sa terminologie, ce sont : l’insolite, l’audition du verdict, le sentiment de sérénité, le bruit, le tunnel obscur, l’abandon du corps, la rencontre avec les autres, l’être de lumière, le défilé de la vie, la frontière et le retour. Voyons plus précisément chacun de ces éléments.
L’insolite : les rescapés de la mort ont beaucoup de mal à dé crire, en termes clairs et simples, le monde dans lequel ils entrent. « Le monde dans lequel nous vivons est tridimensionnel alors que l’autre ne l’est pas. C’est pourquoi je ne peux pas en donner une image vraie. » L’audition du verdict : la plupart des dédoublés assurent avoir entendu les personnes autour d’elles- médecins ou simples passants- les déclarer morts. Cependant ils sont incapables de bouger ou de parler pour infirmer le diagnostic erroné qui les concerne. « Ils ont dit que j’étais morte or je savais que c’était faux. J’ai essayé de les prévenir mais je n’ai pas pu. » Le sentiment de sérénité : dans la situation de mort imminente, les gens qui souffrent ne perçoivent plus de douleur mais au contraire des sensations agréables. « Ce jour-là le froid était vif et pourtant je sentais une douce chaleur m’envahir ainsi que le plus grand bien-être que j’aie jamais éprouvé. » Le bruit : les dédoublés n’entendent plus les bruits environnants mais des sons inhabituels comme de la musique très belle ou à l’inverse des bourdonnements insupportables. « J’ai commencé à entendre comme une musique, oui, une musique majestueuse. » Le tunnel obscur : beaucoup de sujets se sentent comme aspirés dans un tunnel obscur, une caverne, une vallée, un puits ou un espace tubulaire. « Je m’en allais à toute vitesse dans ce grand vide tout noir. J’avais l’impression d’être dans un de ces petits trains de fête foraine en traversant ce tunnel à une allure folle. » L’abandon du corps : à l’issue de la traversée du tunnel, les sujets ressentent alors un phénomène de décorporation, c’est-à-dire de dédoublement entre leur corps physique et leur corps astral. « Je me sentis sortir de mon corps puis j’ai commencé à monter et, ainsi, en m’élevant dans l’air, j’ai vu d’autres infirmières entrer en courant dans la chambre. Je continuai à monter jusqu’au plafond puis je m’arrêtai. Je flottais juste au-dessous du plafond, le regard tourné vers le bas. » La rencontre avec les autres : les personnes qui approchent de la mort semblent alors rencontrer des parents, des amis ou des entités spirituelles qui veulent faciliter leur passage vers la mort. « J’ai vu une foule de gens qui planaient à hauteur du plafond de ma chambre : c’étaient des personnes que j’avais connues autrefois mais qui étaient mortes aujourd’hui. Je me disais qu’elles étaient venues pour me protéger ou me guider. » L’être de lumière : cette rencontre est certainement l’élément le plus important. La lumière est d’abord pâle puis elle augmente d’intensité pour devenir éclatante sans éblouir le sujet. Cet être de lumière semble donner amour et chaleur et son identification est liée à la croyance religieuse de l’individu ( le Christ pour un chrétien, un ange pour un israélite, etc. ). « C’était une lumière étonnamment intense qui semblait me demander si j’étais prêt à mourir. Cette lumière avait une voix ! Dès que la lumière m’a parlé, je me suis senti vraiment bien, protégé et aimé. » Le défilé de sa vie : la plupart des dédoublés voient défiler en accéléré- comme dans un film- les séquences importantes de leur vie. « Dès qu’il m’est apparu, l’être de lumière m’a demandé ce que j’avais fait de ma vie. Aussitôt les retours en arrière ont commencé : j’étais à nouveau une enfant et à partir de là, il m’a semblé avancer depuis le début de ma vie. » La frontière : certaines personnes ont aperçu comme une frontière, une limite, une porte, une barrière ou une brume grise symbolisant la ligne de séparation entre la vie et la mort. « La lumière blanche m’a demandé si je voulais mourir. Ne sachant quoi répondre, elle me dit : Franchis cette ligne et tu sauras ! » Le retour : tous ceux qui témoignent de leur voyage aux portes de la mort en sont bien sûr revenus sinon ils ne pourraient pas en parler. Cependant, certains luttent pour ne pas revenir dans leur corps physique et tentent de rester près de l’être de lumière. « J’aurais voulu rester dans le monde des esprits mais je me sentis obligée de reprendre ma place sur terre afin de terminer d’élever mes enfants. » *** Essai du phénomène de dédoublement ***
Avant de passer à l’étude des différentes techniques de dédoublement, essayons de comprendre de quoi peut être fait ce phénomène. D’abord, dans chaque cas de dédoublement, on se trouve en présence d’un sujet qui éprouve l’impression d’être véritablement sorti de son corps et de s’être trouvé à l’endroit qu’il a décrit : cependant, on constate que le sujet a beaucoup de difficultés à prouver que les perceptions qu’il a eues, au cours de son expérience, étaient bien réelles. Alors, de quoi s’agit-il exactement ? S’agit-il d’une illusion des sens se manifestant par une sorte d’exaltation des facultés sensorielles ? Ou bien est-ce une projection dans le monde extérieur de la conscience du sujet, son corps physique continuant d’avoir des fonctions normales ? Ou enfin s’agit-il d’un véritable « double » sortant du corps physique du sujet, ce dernier entrant alors dans une léthargie présentant les signes apparents de la mort ?
*** Comment parvenir à vous dédoubler ? ***
Nous avons vu précédemment qu’à l’heure actuelle personne n’a encore su donner d’explication scientifique du phénomène de dédoublement. Même Robert Monroe, qui pratiquait un dédoublement par semaine en moyenne ( ! ), réussissait à en provoquer délibérément 40 % seulement alors qu’il était tout particulièrement entraîné ! Il faut donc que vous sachiez qu’il est difficile de connaître cet état fantastique décrit par ceux qui l’ont vécu. Cependant, je ne résiste pas au plaisir de vous indiquer la méthode pratiquée par deux spécialistes de cet « art » que sont l’américain Robert Monroe et le français Raymond Réant. *** Les sept règles de Robert Monroe ***
Avant d’étudier la technique de dédoublement de Robert Monroe, je pense qu’il est intéressant de connaître la façon dont celui-ci s’était rendu compte, pour la première fois, de l’existence de ce phénomène. C’était au printemps 1958, un dimanche après-midi. Monroe était allongé sur un canapé et écoutait une cassette audio dont le texte avait pour objectif de créer le meilleur état possible de relaxation. On peut dire que c’était une sorte de cassette d’auto-hypnose. Après avoir écouté la cassette jusqu’à la fin, Monroe rejoignit sa famille pour dîner. Une heure plus tard environ, il fut saisi, dit-il, « d’une crampe sévère, dure comme du fer, qui s’étendait à travers mon diaphragme ou plexus solaire, région située juste au-dessous de la cage thoracique. C’était une douleur aiguë. Il me vint à l’esprit qu’il était possible qu’un facteur quelconque de l’enregistrement l’ait provoquée. Je cherchai en vain à découvrir quelle suggestion inconsciente aurait pu entrer en jeu. »
Robert Monroe ne put jamais déterminer quel passage exact de la cassette le mit dans cet état mais ce fut, pour lui, le début d’une aventure fascinante. Après de nombreuses années d’expérimentation personnelle, il édicta sept règles pour réussir un voyage astral. Lisez-les attentivement puis essayez de les appliquer.
Règle n°1 : la préparation
Allongez-vous sur un canapé ou un lit. Tête au nord, si possible. Faites l’obscurité et veillez à ne pas être dérangé. Vérifiez que vos vêtements sont amples et ne vous serrent pas.
Règle n°2 : la concentration
Relaxez-vous mentalement et physiquement. Fermez les yeux et respirez avec régularité, la bouche légèrement entrouverte.
Règle n°3 : la relaxation
Vous allez maintenant glisser vers le sommeil en vous concentrant sur une seule image. Lorsque vous arrivez à la frontière entre la veille et le sommeil, approfondissez votre relaxation en vous concentrant sur le noir situé derrière vos paupières.
Règle n°4 : l’état vibratoire
Vous êtes maintenant bien relaxé. Concentrez-vous alors sur un autre point, situé à 30 centimètres de votre front. Efforcez-vous d’éloigner ce point progressivement au-dessus de vous, puis imaginez le plan, parallèle à votre corps, qui contient ce point. Concentrez-vous alors sur ce plan, en imaginant les vibrations que pourrait émettre ce plan. Essayez de les faire descendre dans votre tête.
Règle n°5 : le départ
Dès que vous ressentez les vibrations, contrôlez-les en les guidant consciemment à travers votre corps, de la tête aux pieds et inversement. Quand vous aurez réussi à provoquer ces ondes vibratoires, vous serez prêt à tenter la séparation d’avec votre corps.
Règle n°6 : la séparation
Vous allez maintenant quitter votre corps : pour cela, concentrez-vous en pensant fortement combien il serait agréable de flotter dans l’air. Fixez-vous sur ces pensées et votre forme astrale devrait alors commencer à s’élever.
Règle n°7 : le retour
Pour revenir à votre corps physique, concentrez-vous sur la réunion de vos deux corps : le corps mental que vous souhaitez quitter et le corps physique que vous voulez retrouver. *** La méthode de Raymond Réant ***
Pour faire des expériences de dédoublement, Raymond Réant recommande de choisir un moment favorable et de ne rien tenter pendant les heures de digestion. Il préconise aussi de procéder à des soins corporels ( prendre un bon bain par exemple ) et de ne pas effectuer une expérience dans une pièce trop éclairée. De plus, à n’importe quel moment de l’expérience, il recommande d’arrêter immédiatement si vous ressentez une sensation de malaise, d’engourdissement, de trouble cardiaque ou de gêne respiratoire.
Sa méthode comprend deux phases : le départ et la séparation.
Phase n°1 : le départ
Etendez-vous sur votre lit et relaxez-vous pendant 2 à 3 minutes. Ensuite, quand l’état de relaxation recherché est atteint, concentrez votre volonté, en fermant les yeux, sur le lieu où vous désirez vous rendre. Concentrez-vous par exemple sur un point situé à 10 centimètres du troisième œil des Orientaux ( rappelons qu’il se trouve à la racine du nez entre les deux sourcils ). Dès que vous avez bien visualisé ce point, imaginez-vous en train de léviter à 10 centimètres sous le plafond de la pièce où vous réalisez cette expérience. Visualisez ce plafond comme si vous étiez réellement en l’air. Concentrez-vous sur cette situation puis faites le chemin inverse en imaginant que vous redescendez vous placer à 10 centimètres de votre corps physique. Vivez attentivement cette sensation puis replacez normalement votre corps astral dans votre corps physique. Ouvrez ensuite les yeux.
Répétez cet exercice plusieurs jours de suite avant de passer à la phase n°2.
Phase n°2 : la séparation
Cela consiste à vous rendre réellement dans un endroit choisi. Après vous être étendu sur votre lit, concentrez votre volonté sur le lieu où vous voulez vous rendre. Sentez-vous sortir de votre corps physique et flotter au-dessus de celui-ci, jusqu’au moment où vous aurez une sensation de chute. Cette sensation est le signal que le dédoublement est en train de s’effectuer. Si, à ce moment précis, vous ressentez une sensation très désagréable, presque indéfinissable, vous envahir, votre cœur s’accélérer sous l’effet de la peur de mourir, arrêtez alors l’exercice. Recommencez les jours suivants jusqu’à ce que vous ressentiez cette sensation de chute sans éprouver d’angoisse. Laissez-vous alors aller. Vous vous sentirez comme emprisonné dans un tube très long au bout duquel vous verrez une éblouissante lumière jaillir des ténèbres dans lesquelles vous vous trouvez. Puis vous vous sentirez sortir de votre corps dans un bruissement soyeux. Vous aurez le sentiment de vous diriger vers cette lumière. Vous éprouverez ensuite une sorte de décompression suivie d’une agréable sensation de légèreté. Vous vous trouverez alors hors de votre corps physique. Votre « double » pourra l’observer. Vous vous sentirez alors attiré par un cordon lumineux ( appelé « cordon d’argent » ou « cordon de saint Paul » qui vous aura suivi pendant tout votre voyage et aura relié en permanence votre corps physique à votre corps astral. Quand vous souhaiterez retourner dans votre corps physique, il vous suffira d’exprimer le désir que votre « double » revienne à son point de départ. Vous serez alors absorbé par votre corps physique et vous aurez une sensation désagréable comme si vous entriez dans une substance gluante. Bien entendu, il sera nécessaire de recommencer cet exercice tant qu’il ne sera pas réussi.
Cet article est tiré du livre de Jacques Mandorla « Le livre de vos énergies » Edition du Rocher
Bibliographie de Raymond Réant : - Pratiquez la parapsychologie - Parapsychologie pratique pour tous - La parapsychologie et l’invisible * Aux Editions du Rocher * Quelques livres sur le sujet du dédoublement : ATWATER Phyllis - Retour de l’après-vie BARBARIN Georges – L’après-mort BOURGINE Jérôme – Le Voyage astral MONROE Robert – Le Voyage hors du corps MOODY Raymond – La Vie après la vie & La Lumière de l’au-delà WILSON Ian – Expériences vécues de la survie après la mort RENARD Hélène – L’après-vie MANDORLA Jacques – ABC du magnétisme, de l’hypnose, de la radiésthésie, et Le Guide des guérisseurs
La taverne de l’étrange- 23 novembre 2006
Jeudi 23 Novembre 2006 à 19h15 dans La bilocation3 commentaire(s)
LA BILOCATION
La bilocation est le fait de se trouver à deux endroits à la fois par une sorte de dédoublement du corps physique. Et ses manifestations ne sont pas spécialement celles des médiums mais plutôt celles des mystiques. Parmi les principaux mystiques concernés, signalons Catherine de Sienne, saint Antoine de Padoue, Dom Bosco et surtout le padre Pio ainsi que Mère Yvonne-Aimée de Malestroit. Comme nous allons le voir, la bilocation n’est pas une histoire de fous, mais une histoire de saints, même s’ils ne sont pas tous béatifiés !
Le Padre Pio a connu en effet quelques bilocations dans sa vie et fit preuve de bien d’autres charismes : prophéties, fragrances (odeurs de sainteté), guérisons, hyperthermie, bioluminiscence… Voici un exemple résumé de bilocation relevé dans la Revue Métapsychique (1968) : « Le général Cardona, rendu responsable de défaites en 1917, décida de se suicider au Palais Zara de Trévise. Au moment où il sortit son revolver d’un tiroir de bureau, un jeune capucin apparut subitement devant lui et l’embrassa en lui parlant avec douceur. Il disparut aussitôt, aussi mystérieusement qu’il était arrivé. Le général, interloqué, renonça à se suicider, mais il rappela au service d’ordre de n’être dérangé par personne sous aucun prétexte. L’officier responsable fut très surpris, la file de sentinelles ayant été triplée et ces dernières n’ayant pas vu de visiteur entrer. Quelque temps après, Cardona reconnut le moine en voyant le Padre Pio à San Giovanni Rotondo, lequel lui dit : « Hein, Général, nous l’avons échappé belle ». PADRE PIO
Ouverture du cercueil du Padre le 24 avril 2008
Le premier phénomène de bilocation se produisit alors que le Padre Pio n’était pas encore prêtre, à l’âge de 18 ans. Ce fait inédit fut conté par celle qui en bénéficia. La mère de cette dame était enceinte au moment où elle perdit son mari, dans des circonstances tragiques. L’enfant naquit subitement dans une écurie au même moment. La mère affolée dans une prière s’écria : « Oh Vierge Mari, ma mère, je vous en supplie prenez en pitié cet enfant dont le père vient de mourir ainsi. Ne l’abandonnez pas ». Au même moment elle vit près d’elle, un jeune capucin qui lui dit : « La Sainte Vierge vient de me confier votre enfant. Soyez tranquille, je veillerai toujours sur elle ». C’était le jeune frère Pio qui, pourtant, n’avait pas quitté son couvent (du moins en apparence), à l’autre extrémité de l’Italie du sud.
Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968)
On assure que Padre Pio serait allé en bilocation consoler à Budapest le cardinal Mindszenty, réfugié à l’ambassade américaine. Il serait allé aussi en Yougoslavie assister le cardinal Stepinac pendant son procès et en Pologne pour réconforter les fidèles du cardinal Wyszysnki victimes des persécutions communistes. Un parachutiste militaire de la Seconde Guerre mondiale, venu à San Giovanni Rotondo, voyant passer Padre Pio, s’écria dans la sacristie : « Père, vous m’avez sauvé, sept fois ». Padre Pio lui ordonna : « Tais-toi ! ». Le rescapé allait jusqu’à se jeter contre les chars d’assaut du général Montgomery et continuant à défier la mort chaque fois qu’il y échappait. Padre Pio l’avait rejoint dans les tranchées. Et chaque fois qu’une grenade allait éclater près du trou où il était, Padre Pio lui enfonçait la tête dans le sable. Un industriel napolitain Michel Ambusio, atteint de septicémie était à l’agonie. Il vit apparaître Padre Pio, à côté de lui, appuyé sur le bord droit du lit. Il s’endormit et se réveilla guéri. Après la chute de Mussolini, une institutrice, ancienne secrétaire du fascisme, accusée injustement de fautes qu’elle n’avait pas commises fut capturée par des communistes. La femme se recommanda à Padre Pio. Elle fut emmenée devant le peloton d’exécution. Au moment où l’ordre de la fusiller allait être donné, une colonne d’autos alliées arriva sur la place. Et l’ordre de la fusiller fut suspendu. Quelques mois plus tard, l’institutrice se rendit à San Giovanni Rotondo pour remercier le Padre Pio qui lui dit : « Ma chère, comme tu nous a fait courir avec ta chemise noire ! »
Don Luigi Orione (1872-1940)
Don Luigi Orione affirma au Pape Pie XI avoir vu le Padre Pio en prières dans le caveau des Papes à Saint-Pierre de Rome, alors qu’il était à San Giovanni Rotondo. Pie XI lui répondit que si la chose ne lui était pas dite, par lui, il ne l’aurait pas cru. Ce Don Orione est l’un de ceux qui se firent auprès de ce Pape, l’avocat de Padre Pio et qui obtint la fin de la première persécution. Il faut rappeler que padre Pio fut persécuté. On lui interdit de servir la messe et d’autres mesures vexatoires lui furent infligées. Et pourtant son hyperthermie atteignait plus de 48°. De même son incorruptibilité avec émission de parfums le rendit en odeur de sainteté. Ainsi il fut calomnié de son vivant, à cause de ses guérisons miraculeuses et de ses dons extraordinaires (stigmatisation, bilocation, lévitation). Finalement l’Eglise canonisa ce saint italien. Il a été l’initiative des groupes de prières et de la création d’un hôpital qui subsiste encore. Il existe par ailleurs cette étonnante histoire du peintre et du capucin. En effet, à l’âge de 18 ans, Joseph Aigner, qui allait devenir un portraitiste de renom, tenta de se suicider par pendaison. Mais il en fut empêché par l’arrivée mystérieuse d’un moine capucin. C’était à Vienne en 1836. Quatre ans plus tard, à Budapest, Aigner essaya de nouveau de se pendre et en fut aussi empêché par l’apparition du même moine. Huit années passèrent ; Aigner qui avait embrassé la cause de la révolution, fut condamné au gibet pour ses activités politiques. Mais il fut gracié, à l’instigation d’un moine, le même capucin. En 1886 enfin, à l’âge de soixante-huit ans, cédant à sa pulsion de mort, Aigner se suicida d’un coup de pistolet. Ses obsèques furent conduites par un moine capucin, dont le peintre ignora le nom jusqu’à son dernier jour. (Repley’s Giant Book of Believe It or Not). * Dans un ouvrage sortit aux Etats-Unis, le Dr Scott-Rogo, déjà célèbre pour ses travaux sur la télépathie et sur le rêve, fait pour la première fois le point scientifique sur cet étrange phénomène (Miracles : a Parascientific Inquiry into Wondrous Phenomena). Son enquête le conduit évidemment aux témoignages historiques sur les saints. Mais il a découvert de nombreux cas qui relèvent non du miracle à proprement parler mais de la pure et simple parapsychologie, si tant est qu’il y ait une véritable différence entre les deux. Considérons d’abord, avec Rogo, que tous les fondateurs des grandes religions ont été doués de cette extraordinaire faculté. Jésus, d’abord, qui, à plusieurs reprises, apparaît en plusieurs lieux à la fois. Cela se produira surtout après la résurrection mais le Christ, qu’il s’en serve ou non, possède ce don avant qu’il ne revienne ici-bas avec son corps glorieux parce qu’il est de nature divine. Mahomet fera preuve lui aussi de cette faculté, de même que le Bouddha et d’autres saints de l’Inde. Dans ce dernier pays, le fait de se trouver en même temps en deux lieux différents est fréquemment rapporté par les chroniques ou les grands textes religieux. C’est un pouvoir surnuméraire comme un autre. Celui qui a atteint une certaine perfection de l’âme le possède au même titre que la faculté de voir à distance, de parler à des personnes lointaines ou de mouvoir par la pensée des objets. Si l’on se cantonne à l’histoire du christianisme, on rencontre de nombreux saints capables de bilocation. Saint Sévère, saint Ambroise, saint Clément, entre autres, ont été vus par les nombreux témoins abîmés en prière dans leurs cellules tandis que d’autres, à des kilomètres de là, constataient leur présence à des funérailles ou au chevet de personnes chères en train de mourir. * SAINT ANTOINE DE PADOUE
Le Vendredi saint 1226, saint Antoine de Padoue est en train de prêcher dans l’église de Saint-Pierre du Queyroi, à Limoges. Soudain, il se rappelle qu’en ce moment même il devait conduire un service dans un monastère à l’autre bout de la ville. Il s’est engagé auprès de l’abbé sans penser à son prêche. Devant l’assistance, il se met à genoux et entre en prière. A l’autre bout de Limoges, les moines du monastère en question l’attendent. Sa stalle, demeurée désespérément vide, se nimbe soudain d’un étrange halo. Et saint Antoine, à genoux à des centaines de mètres de là, apparaît, descend les quelques marches qui le séparent du chœur, s’acquitte de sa promesse en lisant épître et évangile, puis disparaît dans les ombres de la chapelle. Au même moment, des centaines de témoins l’affirment, il se relève de sa prière et reprend son sermon. * Nous trouvons, au XVIIe siècle, un cas de bilocation religieuse tout aussi flagrant. Il s’agit d’un épisode de la vie de saint Martin de Porrès. Alors qu’il se trouvait à Lima, au Pérou, des religieux missionnaires affirmèrent l’avoir vu et lui avoir parlé à plusieurs reprises en Chine et au Japon. Comme saint Antoine de Padoue, il est pendant ce temps-là en prière. A des milliers de kilomètres de là cependant, son « double » enseigne le catéchisme aux néophytes d’Asie ou distribue de saintes images dans les missions. * ALPHONSE DE LIGUORI
En 1774, Alphonse de Liguori est en méditation dans sa cellule d’Arezzo, à Sant-Agata dei Goti. Plusieurs heures passent. Soudain, il se lève et annonce à son entourage que le pape Clément XIV vient juste de mourir à Rome. Bien sûr, on ne le croit pas. Nous sommes au siècle des Lumières et les vieilles légendes dorées de la Vie des saints ne prennent plus, comme on dit. Le miracle n’est pas de ce temps. Rome est à une bonne journée d’Arezzo et le religieux n’a pas quitté sa chambre. A quelque temps de là arrivent justement des nouvelles de la capitale vaticane. Clément XIV est bien mort. A son chevet, tout le monde affirme avoir vu Alphonse de Liguori en train de réciter la prière des agonisants. Il a ensuite disparu comme par enchantement. * SWEDENBORG
Le don de bilocation n’est pas réservé, en Occident, aux grands saints du catholicisme. Le mystérieux Swedenborg en aurait été doté. Esprit encyclopédique, visionnaire et théoricien d’un ésotérisme angélique très curieux, ce Suédois aurait été vu en même temps en Suède et en Prusse. De nombreux témoins sont là pour l’attester. Il a d’ailleurs expliqué lui-même l’étrange processus. L’homme à la possibilité, par la connaissance et rapproche des fameux anges que fréquentait le voyant au cours de ses extases. Alors, rien ne lui est plus facile que de transporter son esprit où il le désire, à la surface de ce monde, à l’autre bout du cosmos ou dans des dimensions inconnues des profanes. Il peut demeurer invisible mais il peut aussi matérialiser une apparence de son corps. Dans le premier cas, c’est le phénomène relativement classique de la sortie en astral ou out of the body experience, pour employer le terme anglo-saxon qu’utilisent aujourd’hui les parapsychologues. Autrement, il y a bilocation car la matérialisation du corps s’accompagne de la faculté de faire usage de ses membres. Les mains peuvent saisir des objets, les pas laissent des traces matérielles. Bref, la personne se trouve physiquement en deux endroits différents et au même moment. « Un ange, écrit le prophète suédois, est présent à deux endroits à la fois quand il le désire car il a le don de se séparer de son corps ou de le multiplier. Dans cet état, l’esprit de l’homme peut aussi se transporter d’un lieu à un autre, le corps restant où il est. C’est un état dans lequel j’ai demeuré pendant vingt-six années. » (Vrai Religion). Swedenborg est un mage de haute spiritualité. Mais on pourra aussi trouver des affaires de bilocation en basse sorcellerie. Dans presque tous les grimoires, de l’Albert au Dragon rouge, on rencontre des formules complexes « pour apparaître en deux ou plusieurs endroits à la fois ». Les auteurs de ces ouvrages distinguent bien, eux aussi, la bilocation véritable de la « simple illusion apparente d’une image de soi-même que l’on portera au loin », pour reprendre leurs propres termes. Dans le second cas, impossible d’agir. On apparaît à la personne que l’on a choisie. Mais elle entendra vos paroles en pensée même si elle voit vos lèvres remuer. Vous ne pourrez pas lui serrer la main (ou le cou !) et si elle essaie de vous toucher, ses membres « passeront au travers de vous-même comme si c’était fumée volatile ». En revanche, s’il y a bilocation, elle entendra votre message à ses oreilles et non dans sa tête. Vous pourrez agir sur elle et sur son environnement. Il sera même possible, dans certaines circonstance, de déplacer des objets avec vous. Dans son livre, le docteur Scott Rogo cite des choses plus récentes. * NATUZZA EVOLO
Ce cas extraordinaire, entre autres, de Natuzza Evolo, une italienne de 58 ans qui vit à Paravati. C’est une paysanne à peu près illettrée. Mais elle est, comme l’a reconnu le professeur Valerio Martinelli, de l’université de Calabre, d’un remarquable équilibre tant psychique que physique. Quand elle n’est pas sujette à ses étranges expériences paranormales, elle se comporte d’ailleurs le plus naturellement du monde avec son mari et ses six enfants. Martinelli a étudié plus précisément cinquante-deux affaires la concernant. Dans dix-huit cas, le sujet a été vu par de nombreux témoins. Huit fois, des apparitions de personnes mortes l’accompagnaient. Il est arrivé aussi que l’on entende seulement sa voix sans qu’il y ait manifestation visuelle. Mais des objets ayant été déplacés, par exemple, il faut admettre une bilocation. Dans neuf cas, l’apparition de Natuzza a laissé derrière elle des traces de sang. Elles avaient le plus souvent l’apparence d’une sorte d’empreintes de la main (on a d’ailleurs reconnu, une fois ou l’autre, les caractéristiques digitales de la paysanne) ou de motifs religieux (croix et autres). « Le phénomène de bilocation, a expliqué Natuzza Evolo, ne vient pas de ma volonté. Ce sont des esprits de morts ou des anges ou encore des saints qui se présentent à moi et me transportent d’un lieu à un autre. Une fois là, je peux voir l’endroit et le décrire, bien sûr. Mais je peux aussi parler aux gens et les entendre. Je peux ouvrir ou fermer des portes, déplacer des objets et agir normalement… » Pour Natuzza, ces étonnants « voyages » sont des missions à remplir qui lui sont dictées par ses guides. Elle ne reste d’ailleurs hors d’elle-même que le temps nécessaire. Pas question qu’elle se déplace de son propre chef et pour ses desseins personnels. Le temps de la bilocation va de quelques secondes à plusieurs minutes, ont constaté les témoins ainsi que le professeur Martinelli. La chose peut se produire pendant le sommeil mais la plupart du temps, ce qui ne manquera pas de surprendre les spécialistes de la sortie en astral, Natuzza se trouve au même moment en deux lieux différents à l’état de veille. « Souvent, il m’a été permis, poursuit-elle, de transporter des objets d’un endroit à un autre, de cette manière. De même, il m’est parfois arrivé des phénomènes de trilocations, c’est-à-dire que je me suis trouvée en deux endroits différents, autres que celui où était mon corps initial… » Natuzza est une catholique pratiquante. Bien que réservé, le clergé local ne réfute pas la réalité de la manifestation ni ne considère celle-ci comme une manifestation satanique. La bilocation, on l’a vu, est un privilège des plus grands saints du christianisme. * La taverne de l'étrange- 5 avril 2011
Mardi 05 Avril 2011 à 09h57 dans La bilocation2 commentaire(s)
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