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 LE DIABLE PEUT-IL MENER LE MONDE ?

 

C’EST LE VRAI PROBLEME POSE PAR LE FILM « LA MALEDICTION »

 

 

 Comme dans le film « l’Exorciste » auparavant, La Malédiction s’attaque au problème du mal. Mais, cette fois-ci, c’est le grand jeu. Il ne s’agit plus d’un simple cas de possession, nous voyons à présent la réincarnation du Diable en personne dans le corps d’un enfant dont le père est candidat à la Maison Blanche. Ce film, tourné par Richard Donner (L’Arme Fatale), le réalisateur de la série Kojak, d’après un scénario de David Seltzer, est l’un des plus fantastiques jamais tournés.

 

Voici l’histoire- Dans une clinique de Rome, une femme met au monde un enfant mort né. Un vieux prêtre énigmatique propose à Robert Thorn, le père (Grégory Peck), riche diplomate américain, de substituer au cadavre un bébé abandonné. Pendant les cinq premières années, tout se passe à merveille. Puis en Angleterre, où Robert Thorn a été nommé ambassadeur des Etats-Unis, le jeune Damien donne des signes inquiétants. Il est pris de crises de nerfs à la seule vue d’une église. Les animaux s’affolent dès qu’il s’approche d’eux. Il terrorise sa mère qui s’éloigne peu à peu de lui et, finalement, est responsable de la mort de sa nurse. Le vieux prêtre romain réapparaît alors. Pris de remords, il avoue alors au malheureux père que Damien n’est pas un enfant ordinaire. C’est le Diable. L’Antéchrist annoncé dans l’Apocalypse. Il faut mettre hors d’état de nuire, définitivement, sinon il tuera tous ceux qui contrecarreront ses desseins. Tout le monde s’interroge en particulier sur la signification d’un verset de l’Apocalypse selon Saint-Jean dans le film :

« Quand les juifs retourneront à Sion, qu’une comète traversera le ciel et que le Saint-Empire romain redeviendra puissant, alors, vous et moi, nous mourrons. »

C’est la proclamation de la venue de l’Antéchrist, la « bête dont le nombre 666 »- vive dans les hautes sphères de la politique et de la finance paraît encore plus inquiétant car on commence à se demander si la réalité ne dépasserait pas la fiction. Le Diable n’est pas un croquemitaine bon à effrayer les enfants. Sauf pour les athées, évidemment, car il a une existence réelle, autant que Dieu. Les différentes religions, à de très rares exceptions près, affirment d’une manière catégorique l’existence d’un principe du mal personnalisé dans le christianisme par Satan. Croire au Diable est un article de foi pour les chrétiens. Si Jésus, ainsi que le disent les Evangiles, chassait le démon du corps des possédés, c’est bien qu’il y croyait. Les Pères de l’Eglise témoignent fréquemment des assauts du Malin qu’ils ont eu à subir. La vie des Saints est également riche en témoignages. En 946, Saint-Luc eut affaire en Grèce à un démon tout noir. En 988, Saint-Dunstan fut attaqué par un diable-loup. En 1152, Satan apparut à Sainte-Elizabeth à plusieurs reprises sous forme de taureau, de chèvre, de porc et de moine. En 1179, Saint-Dominique priait quand le Diable se présenta à lui déguisé en crocodile.

Ces récits gênent les théologiens contemporains. Certains n’ont pas hésité à se servir des acquis de la psychologie moderne et de la psychanalyse pour identifier les pseudo-manifestations diaboliques à des fantasmes. Néanmoins, cette thèse est contraire aux enseignements traditionnels de l’Eglise. Saint-Thomas d’Aquin précisait d’ailleurs formellement :

« Il faut savoir que certains veulent que les démons ne fussent que des imaginations. Mais la foi catholique veut que les démons soient quelque chose de réel. »

La possibilité pour le Diable de s’incarner dans le corps d’un enfant n’est pas une idée originale de David Seltzer. « Avoir le Diable au corps » est d’ailleurs une expression révélant une vieille croyance. Au Moyen-âge, on pensait en effet que les bambins offraient moins de résistance à l’empire du démon que les adultes disposant, quant à eux, des armes de la foi. Au XIIIe siècle, à Nuremberg, un enfant de sept ans fut précipité vif dans un chaudron d’huile bouillante sous prétexte qu’il était habité par le malin. Selon les croyances de l’époque, la possession pouvait se faire pendant la grossesse de la mère, le Diable prenant la place du fœtus (c’est le thème en quelque sorte du film Rosemary’s Baby) ou après la naissance. On peut rapprocher de ces cas d’enfants habités par le Diable en personne les enfants des démons. Les deux plus grands démonologues du XVIe siècle, Jean Bodin et Pierre Delancre, affirmaient que les démons incubes pouvaient s’unir aux démons succubes et enfanter des enfants hideux nommés « cambions ». On les reconnaissait à leurs poids, beaucoup plus élevé que celui des enfants normaux. Dans ses Colloques, Luther affirme que ces enfants ne vivaient que sept ans. Il raconte qu’il en vit un qui criait dès qu’on le touchait et qui riait aux éclats quand il arrivait quelque chose de sinistre dans la maison où il se trouvait.  Luther, s’il faut en croire ses écrits et ceux de ses premiers disciples, eut souvent affaire au Diable. Un religieux vint un jour frapper à sa porte en demandant à lui parler. Introduit auprès du réformateur, il lui déclara :

« J’ai découvert quelques erreurs dans vos libellés contre le pape. » - Parlez, répondit Luther. L’inconnu souleva alors quelques objections auxquelles il trouva facilement réponse. Mais chaque nouvelle question était plus ardue que la précédente et le moine exposa bientôt des syllogismes très embarrassants. Luther, dont la patience n’était pas la qualité première, lui dit brusquement : « Vos questions sont trop embrouillées, j’ai pour le moment autre chose à faire que de vous répondre. » C’est alors qu’il s’aperçut que le prétendu moine avait le pied fendu et les mains armées de griffes. – N’es-tu pas, lui dit-il, celui dont la naissance du Christ à dû briser le cœur ? Ton règne passe, ta puissance n’est plus dangereuse et tu peux retourner en enfer ! » Le Diable, qui s’attendait à un combat d’esprit et non à un assaut d’injures, se retira tout confondu en gémissant sur l’injustice des hommes à son égard. Rappelons que cette anecdote n’a pas été colportée par des ennemis du père du protestantisme. C’est lui-même qui la raconte dans ses ouvrages. Et il eut bien d’autres aventures diaboliques. Dans un texte curieux intitulé Colloquium Lutherum inter et diabolum (colloque de Luther avec le Diable), il écrit que, s’étant une fois réveillé vers minuit, Satan lui apparut et l’éclaira sur les erreurs du catholicisme, l’engageant à rompre définitivement avec Rome. Un autre jour, alors qu’il était en train de rédiger un sermon, Satan vint le distraire. Luther, excédé, voulut lui jeter son encrier au visage, mais le Diable s’esquiva et l’encrier alla se briser sur une colonne. Aujourd’hui encore, au couvent de Wittemberg, le guide montre la tache d’encre aux visiteurs.

FAUT-IL VRAIMENT CROIRE AU DIABLE ?

Le pape Paul VI en tout cas en était persuadé à l’époque, lors de la sortie du film. A la surprise d’un grand nombre d’observateurs croyant revenir à des temps révolus. Sa Sainteté Paul VI a dénoncé à plusieurs reprises la responsabilité du Malin dans les troubles de toutes sortes que connaît le monde. Certes, La Malédiction est avant tout une entreprise commerciale. Son but est de faire des dollars, non de dénoncer le retour en force de Satan. Mais le Diable n’aurait-il pas pris ombrage de cette nouvelle dénonciation ?

Toute une longue série d’incidents, absolument inexplicables, ont failli endeuiller le tournage du film. Lors d’un tournage à Rome, la foudre tombe sur l’arc d’Hadrien, à deux pas de l’endroit où se trouve le metteur en scène. Le lendemain d’une scène située dans un parc zoologique, le gardien chargé de protéger les acteurs est dévoré par un tigre. Un avion-taxi décommandé au dernier moment prend l’air avec cinq passagers et heurte en plein ciel un vol d’oiseaux. Aucun survivant. A Londres, le bar où Grégory Peck prend ses repas pendant le tournage est plastiqué par des terroristes irlandais le seul jour où l’acteur ne s’y trouve pas. Grégory Peck avait d’ailleurs failli trouver la mort quelques jours auparavant quand l’avion l’amenant de Los Angeles fut frappé par la foudre en vol. Le surlendemain, le même avatar survient au Boeing dans lequel le metteur en scène a pris place.

« A la fin, raconte Richard Donner, tout le monde sur le plateau portait des crucifix. Et, croyez-moi, ce n’était pas un jeu. » Le seul élément rassurant, dans cette affaire, c’est que le fameux verset de l’Apocalypse est un faux. David Seltzer l’a inventé de toutes pièces pour les besoins de la cause. Toutefois, il ne s’agit que d’un détail minime. Le principal demeure. Sans doute le Diable cornu aux pieds fourchus des récits moyenâgeux est un mythe. Il n’empêche que les forces du mal nous menacent peut-être. Et cela ne doit pas être pris à la légère.

*

 Aura2

La taverne de l'étrange- 5 novembre 2009

Jeudi 05 Novembre 2009 à 13h12 dans Diable & démons3 commentaire(s)

 Le diable existe

 

 

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Les soldats de l’'évêché le traquent depuis la nuit des temps. Le malin est-il de retour ? L’'ange déchu attaque sur tous les fronts. Un démon multiforme, imprévisible et complètement amoral !

 

 

A l’'aube du 3ème millénaire, le diable est-il de retour ? A en croire la prolifération des exorcistes depuis près de 30 ans, l'ange déchu revient en force. Il ne connaît pas de frontière sociale, pas même de barrière religieuse ou géographique. Les exorcistes sont parés à toute éventualité, même s'’ils savent pertinemment que derrière le masque de l'’invisible ne se cache pas toujours le visage de Satan…. L’'histoire du démon se confond avec celle de l’'Eglise. Depuis la chute de l’'empire romain, les papes n’ont cessé de dénoncer la mainmise du diable sur tous les îlots de la superstition. Le culte des idoles, la magie, la divination, la vénération des arbres et des rivières, sans compter les hérésies de toute nature, sont considérés par la hiérarchie ecclésiastique comme autant d'’attaques de Lucifer.

 

 

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« La sorcellerie pourrait se définir comme un ensemble de procédés magiques, explique Dominique Camus, ethnologue et sociologue, auteur de Pouvoirs sorciers. Ces pouvoirs exécutés secrètement par un sorcier, pour répondre à une demande entraînant l’'action d’'une personne contre la volonté d'’une autre : le retour d'’affection par exemple. » Ces pratiques peuvent provenir directement du sorcier, mais aussi de la personne pour le compte de laquelle ce sorcier agira. La sorcellerie offre un ensemble de maléfices, chaque fois que le jeteur de sorts agresse sur commande la victime désignée, ce que l’'on appelle aussi une « valence maléfique » quand l’'exorciste annule le mal et inverse le maléfice. Il existe toute une topologie de cas en relation avec les motivations : vengeances pour motifs économiques, mobiles sentimentaux, jalousie amoureuse et haine conjuguées. Certains signes ne trompent pas. L’'envoûtement est entouré de tout un halo de haine, de cupidité ou de passion.

 

« Mais, peut-être faut-il remettre les pendules à l’'heure, souligne le père Raymond G. de Paris, prêtre orthodoxe qui a pratiqué des exorcismes pendant dix ans car : D'’ailleurs, ce sont quelquefois les médecins ou les psychiatres qui, impuissants devant certains phénomènes, nous adressent des personnes souffrantes. Inversement, ajoute-t-il, parfois les gens se croient envoûtés, soit parce qu'’ils ont été influencés, soit par autosuggestion. Alors, nous leur demandons, avant toute autre démarche, d’'aller consulter leur médecin, un psychologue ou un psychiatre. Voilà pourquoi nous les soumettons à un interrogatoire très poussé, parce que c’'est en fonction de leurs symptômes que nous pouvons définir la nature du mal. Si le doute persiste, on procède alors à un exorcisme léger. S’'il n'’y a pas de réaction immédiate, le problème de cette personne relève d’'autre chose. »

 

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Certains signes ne trompent pas mais peuvent varier selon la nature de l'’envoûtement. Apathie, phobies, nervosité, angoisse dans certains lieux, anxiété au moment du coucher du soleil, douleurs au cou ou au ventre, incidents inexpliqués au volant, insomnie.

 

Le diable, alors, est-il là ?

 

« Certainement pas ! Attention, ce n’'est pas parce que vous avez des migraines et de l’insomnie que vous êtes envoûté », affirme le père Raymond G. « Ces maux peuvent provenir d’'un état d’'esprit réfractaire au changement, à l’'évolution. L'’important, c’'est de déterminer la nature, donc la force de l'’envoûtement. La force-pensée c’'est la volonté de haine ou d’'amour qui peut déjà être un premier stade d'’action. J’'ajouterais que si quelqu'’un est capable de se réveiller le matin, de vivre sa journée et de s’'endormir le soir en haïssant un être humain, cette haine pourrait avoir un effet néfaste sur l’'être haï. »

 

L’'Eglise a décidé de prendre le diable par les cornes !

 

Au sein de leurs diocèses, les évêques se sont vus dans l’'obligation de nommer un ou plusieurs prêtres. De 16 en 1977, les prêtres catholiques exorcistes sont passés à 82 en 1992. Pour la plupart d’'entre eux, leur existence n'’implique pas nécessairement la manifestation du démon. La croyance en Satan ne traduirait qu'’un malaise profond de la société et non de l'’individu : de nombreux cas pathologiques seraient déguisés en complot satanique et, trop souvent, les gens seraient victimes de leur imagination. Ce sont des personne désemparées, désorientées et en proie à une grande détresse morale. Après le médecin et le psychiatre, l’'exorciste est pour elles le dernier recours. L'’ultime rempart.

 

Le père Claude Cesbron, originaire d’'Angers, définit en ces termes la mission de l'’exorciste : « Le prêtre exorciste est d’'abord un homme d'’accueil et d’'écoute, au service des personnes en détresse. Avant de chasser le diable, il chasse l’'angoisse et la peur. Et il ajoute : le visage du diable ne se cache pas toujours derrière le masque du mal. Le mal, c’'est d’'abord nous-mêmes et nos travers : l’'envie, la haine, la souffrance, le narcissisme, les plaisirs exacerbés de la chair. L’'exorciste n’'apporte pas de réponse : il essaie de remettre le patient sur la bonne voie, de le réconcilier avec lui-même, de lui parler d’'amour… ».

 

Comment reconnaître un « possédé » ?

 

 

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L'’envoûtement commence quand les gens ne s'’appartiennent plus. Entre la maladie mentale et la possession authentique, la frontière est-elle difficile à définir ? Le père Jodin, subordonné à l’'Eglise catholique orthodoxe de France, nous répond que « la présence d’'une icône ou d’'un crucifix a pour effet, immédiat de les mettre dans une rage incontrôlée. Les « malades » semblent pourvus d'’un troisième œoeil invisible. Si vous tendez un verre d’'eau à une victime dans lequel vous avez versé de l’'eau bénite, cette dernière refusera catégoriquement de le boire. Et, pourtant, elle ne vous a pas vu verser l’'eau bénite ! Même cachés, les objets sacrés sont perçus par les témoins. » Ordonné exorciste en 1986, le père Jodin, qui se définit comme un intercesseur de Dieu est convaincu de l’'existence d’'un « monde invisible peuplé ». En l’'espace de quinze ans, il aurait rencontré à sept ou huit reprises l’'ange déchu : un regard indéfinissable qu’'il a croisé chez tous ses sujets, des témoins qui ont résisté à tout examen rationnel et qui, lors de leurs accès de rage, ont proférés des injures en latin et en grec. Entendre une femme dans la cinquantaine, inculte, insulter un crucifix en grec ancien est pour le moins troublant, mais faut-il pour autant y voir un signe du démon ? Après tout, inexplicable ne rime pas nécessairement avec surnaturel et peut-être ladite possession ne traduit-elle qu’'une méconnaissance des rouages du cerveau humain ?

 

Quoi qu'’il en soit, depuis l’'année 1614, l'’Eglise se réfère aux prescriptions du rituel romain : ouvrage liturgique indiquant en termes très précis comment distinguer la possession de la mystification. La connaissance d’'une langue inconnue, le fait de « dévoiler des faits distants ou cachés » et de déployer une force herculéenne seraient des signes probants de l’'action du démon ! A ce sujet, le père Jodin raconte l’'histoire d’'un homme qui attaché solidement et maintenu par six personnes, aurait léviter horizontalement puis aurait foncé la tête la première contre le mur sans rien se fracasser. « La drogue, l'’alcool, les dépravations sexuelles et autres dépendances aliénantes, telle l’'appartenance à une secte, peuvent être interprétés comme des variables cachées de l’'action sataniques. »  et ajoute : « Quand l’'être humain n’'est plus maître de lui-même, les voies de Satan deviennent plus larges. » D’'une façon générale, les objets sacramentaux ont cette propriété de mettre le démon dans « tous ses états ». L’'action de l'’exorciste commence alors. Il ne s’'adresse pas directement à Lucifer mais demande à Dieu de libérer les personnes du mal. « La réaction du possédé est très violente, nous confie le père N.. exorciste à Orléans, coups de poings, injures et hurlements sont le lot quotidien des traqueurs de Satan. Un démon qui frappe à n'’importe quel moment. J’'en veux pour preuve l'’aventure survenue à une jeune femme en apparence timide. Quand j'ai commencé à lui objecter qu’elle n’'avait ni le physique, ni le comportement d'’un démon, cette personne est devenue soudain méconnaissable, son visage s’'est métamorphosé.… Moi, qu’elle venait voir comme un ami ou un sauveur, je devenais brusquement l’'ennemi à abattre…. Elle était littéralement enragée, poussait des hurlements, insultait l’'Eglise, proférait des injures et des obscénités. Elle voulait m'’étrangler ! Son corps et son esprit n’'avaient plus leur raison. Après quelques prières de délivrance, l’'enragée s’est calmée.… »

 

Face à cette véritable crise d’hystérie, le prêtre récite inlassablement des versets extraits de la Bible ( Deutéronome, chapitre 18 ) tout en faisant des signes de croix et en versant de l'’eau bénite qui le brûle !

 

Non, le diable ne s’'infiltre pas partout !

 

« Il ne faut pas se laisser impressionner par certains rituels, explique encore le Père Jodin. Un désenvoûtement n'’a rien de spectaculaire. Il consiste souvent en une suite de prières. Le tout est de trouver un exorciste qui ait une véritable éthique. Par exemple, si on lui parle de retour d’'affection, il doit savoir discerner l’'aveuglement de la personne qui n’'a plus son libre arbitre. Il ne faut pas oublier que forcer quelqu'’un à revenir contre sa volonté est une atteinte profonde à la liberté que nous avons tous. » Il y a aussi le phénomène dangereux que les exorcistes appellent la « programmation mentale ». Un de vos proches en vous voyant vous suggère ou vous affirme que vous êtes envoûté. Vous allez y croire et réagir en conséquence. Les méthodes habituelles d’'exorcisme n'’auront aucun effet puisque vous vous croyez envoûté alors que vous ne l’'êtes pas ! L'’essentiel, c'’est de croire en soit. Au-Delà de toute explication scientifique ou religieuse, s'’impliquer dans le jeu magique rend conscient du désir ou de l’'angoisse qui sont capables d’'entraîner à l'’étonnant recours à la sorcellerie. 

 

*

 

 Aura2

 

La taverne de l’'étrange- 11 octobre 2006

 

mise à jour le 18 janvier 2013

Mercredi 11 Octobre 2006 à 21h09 dans Diable & démonsPoster un commentaire

 LES ESPRITS VIOLEURS

 

Ils s'’insinuent, pénètrent dans votre chambre, vous observent tapis dans l’'ombre et puis soudain s'’emparent de vous… Ce sont les incubes et les succubes, des esprits violeurs. Méfiance !

 

 

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Carlotta se brossait les cheveux. A peine fut-elle allongée dans son lit que… la chose, impressionnante, énorme, se fraya un chemin jusqu'à elle… Carlotta souffrait ; la chose, qui l’'avait pénétrée si vite, l'’éperonnait maintenant avec violence. Elle n’'avait plus l’'impression d'’être un être humain… encore moins d'avoir affaire à un être humain….

 

Ces lignes sont extraites d’un roman de Frank De Felitta, dont on a tiré un film d’horreur à succès intitulé The Entity ( l’'Emprise ). Mais attention, il ne s’agit pas que de littérature… ce récit s’appuie sur une histoire authentique, celle d’une jeune californienne du nom de Carlotta Moran. L’expérience qu’elle vécut dans les années 1970 fut consignée dans des rapports psychiatriques des plus sérieux, confirmée aussi par des preuves physiques, comme les nombreuses contusions relevées sur son corps, sinistres témoignages des viols nocturnes à répétition… Pour certains chercheurs, cela ne fait aucun doute : Carlotta fut victime d’une entité abusant d’elle à la faveur de la nuit… un incube.

 

*** Des viols de nuit à répétition ***

 

 De tels « viols » ne sont pas si rare. Ils sont même connus depuis des temps immémoriaux. L’'incube et son pendant féminin le succube sont déjà présents dans la culture latine- d’'où d'ailleurs ils tirent leurs noms. Incubus, créature de sexe masculin, vient du verbe incubare, qui signifie s’'allonger, se coucher. Une étymologie bien explicite…. Quant à succuba, c’'est la concubine dans la langue de Cicéron. Manière de désigner dans la société antique patriarcale celle qui consomme l’'acte sexuel dans l'’illégalité. La tradition judéo-chrétienne fera du succube et de l’'incube des incarnations du Diable, des démons satisfaisant leurs vices sur des victimes innocentes… ? Pas tant que cela. Toute l’'ambiguïté vient de là. C'’est pourquoi la condamnation vise autant l'’agresseur que l'’agressé(e). C'’est pourquoi aussi on rechigne souvent à parler de viol au sens strict, comme si on supposait toujours à l’'origine du phénomène des incubes et des succubes un consentement muet. La suite nous dira si oui ou non cette façon de penser est légitime…

 

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 Généralement, incubes et succubes sont invisibles. Mais le cas de Carlotta avait ceci de singulier, c'’est qu’elle voyait vraiment l’'entité, qui chaque fois changeait d’'apparences. Une nuit, elle vit un nain ; une autre, un homme de grande taille et très musclé, à la peau verte ( soi dit en passant, ça me rappelle un certain David Banner…).

 

Autre singularité : l’'incube assaillait Carlotta aussi bien de jour que de nuit. Et lui parlait alors même qu'il était à l’œ'oeuvre. Un incube romantique, si l’'on veut…. Une célèbre actrice britannique ( qui préfère garder l’'anonymat ) confessa une « aventure » similaire à Stan Gooch, psychologue et médium anglais. Elle sortait tout juste d’'une phase de sommeil profond, lorsqu’'elle remarqua que la lumière au plafond avait pris la forme d'’un oeœil humain la fixant avec insistance. Chose inquiétante, à laquelle vint s'’ajouter une curieuse sensation… elle sentait une force s'’exercer sur son corps comme si un homme était sur le point de lui faire l’'amour. Pourtant il n’'y avait personne. « Au début, raconte l’'actrice, c'’était plutôt agréable. Mais par la suite la pression se fit plus forte. « Il » déployait une telle énergie que mon corps s'enfonçait dans le matelas et les lattes du lit. » Lorsque l’'entité disparut enfin, elle se précipita dans la salle de bains. Et là, face au miroir, elle remarqua que sa bouche était pleine d'’un sang noirâtre.… Curieusement, les phénomènes d’'incubes et de succubes sont souvent doublés de manifestations paranormales imputables à des poltergeists, les esprits frappeurs : déplacements inexplicables du mobilier, feux s'’allumant spontanément, défaillances électriques des appareils ménagers. Ainsi Carlotta Moran était-elle harcelée par un poltergeist qui semait un chahut de tous les diables dans sa maison, brisant la vaisselle et lui hurlant des obscénités. Est-ce à dire qu'’en tout esprit frappeur sommeille un esprit violeur- ou l'inverse si l’'on préfère ?

 

*** Esprits frappeurs et esprits violeurs ***

 

Guy Lyon Playfair, un vétéran de l'’investigation paranormale, décrit dans un de ses ouvrages certains évènements bizarres dont il a été témoin à l’'occasion de recherches menées au Brésil. L’'un d’'entre eux atteste le lien existant entre poltergeists et incubes. Marcia, une jeune femme très cultivée, licenciée de psychologie, découvrit un jour une statuette en plâtre représentant Yemanja, la déesse de l’'eau. Cette statuette, refoulée par les vagues sur la plage de Sao Paulo, avait précédemment été jetée à l'’océan en guise d’'offrande. Marcia emporta l’'objet chez elle. Dès lors, elle vécut toute une série d'‘évènements traumatisants, manifestations typiques d’'un poltergeist. Elle se sentit bientôt si épuisée et déprimée qu’elle envisagea le suicide. La vie dans sa maison devenait impossible. Une nuit elle sentit la présence d’'un incube dans son lit. Il y eut une première agression sexuelle, suivie d’'autres. Enfin, sur les conseils d’'un occultiste, elle décida de rejeter la statuette à la mer.

 

*** Des esprits familiers ***

 

 

Les esprits qui nous hantent ne sont pas toujours de parfaits étrangers ; en vérité, il peut s'’agir d'’êtres très proches, morts… ou même vivants. Dans un article consacré aux hallucinations des veufs, publié dans le très respectable British Medical Journal, un scientifique révéla que, sur un panel de 300 hommes et femmes interrogés, presque la moitié reconnaît avoir vu, entendu, ou même touché leur conjoint décédé. Il remarqua également que la plupart des victimes d'’hallucinations avaient dépassé la quarantaine, et que ceux âgés de plus de soixante ans subissaient les hallucinations les plus vives. Il s’'agit, bien entendu, d'’une étude assez limitée où l’'on n’a pas cherché à savoir si les personnes avaient expérimenté un rapport sexuel avec leur conjoint défunt. Mais il serait intéressant de savoir si les manifestations d’'esprits ou de fantômes sont plus nombreuses avec l’'âge. Par comparaison, on sait que les phénomènes de poltergeists sont plus courants chez les adolescents que chez les adultes. Se pourrait-il que les gens plus âgés recherchent plus activement une consolation de nature spirituelle et soient donc plus disposés à faire bon accueil à ceux qu’'ils ont aimés ? Les jeunes, hommes ou femmes, plus actifs sexuellement, seraient-ils plus volontiers sujets à halluciner sur le thème d'’un esprit violeur ? Pour le moment, ces questions demeurent malheureusement sans réponse, faute d'’études plus poussées sur ces phénomènes. Outre cette théorie qui prétend qu’'incubes et succubes seraient les fantômes de personnes décédées, l'hypothèse la plus intéressante avance que les esprits violeurs seraient les « doubles » de personnes vivantes.

 

*** L'histoire de Ruth ***

 

Dans une de ces enquêtes, le psychiatre Morton Schatzman rapporte le cas de Ruth. Cette jeune femme avait été violée par son père dans sa jeunesse. Adulte, elle présentait de nombreux symptômes hystériques- notamment une capacité à imaginer que son père lui rendait visite pendant la nuit ( alors qu’'à l'’époque il était vivant ) pour perpétrer à nouveau sur elle son odieux forfait. Ici, la figure de l’'incube représentait clairement la réincarnation d'’un trauma enfantin : le viol incestueux. Qui plus est, Ruth s'’aperçut aussi qu’elle était capable de créer un « double » de son époux, Paul. L’'image obsessionnelle était si « vivante » qu’elle entretenait un commerce charnel avec elle. Elle finit même par préférer l’'illusion à la réalité… Ironie de l'’hystérie. Le psychiatre Morton Schatzman rapporte les propos de Ruth relatifs à l’'entité : « Il embrassa à nouveau ma bouche. Puis, il commença à me faire l'’amour… Nous arrivâmes à la jouissance en même temps. » Encore plus extraordinaire, ce témoignage de personnes vivant dans l’'entourage de Ruth et qui auraient vu le « double » de Paul. Hystérie contagieuse, délire collectif ou incube réel ? Des recherche ont par ailleurs démontré que des visions peuvent même être transmises par télépathie.

 

Le curieux phénomène de dédoublement dont Ruth a été victime peut nous faire pencher pour une interprétation psychanalytique du phénomène des incubes. Ces créatures au sexe inversible représenteraient des matérialisations fantasmatiques de nos angoisses primitives. Assimilables à un cas de possession démoniaque- du moins d'’un point de vue chrétien- , incubes et succubes ne seraient que des projections d'’un moi qui rejette, refoule certaines de ces propres tendances sexuelles, qui prendraient alors la forme d’'un « double » extérieur et persécuteur. Cruelle revanche des pulsions.…

 

*** Nos démons intérieurs ***

 

Cette version moderne du mythe éternel des esprits violeurs donne en quelque sorte la clé de la réprobation et de la honte qui entourent ces phénomènes. Le démon serait en nous ; n'’en serait victime que celui qui aurait la faiblesse de succomber à la Tentation… Les chercheurs dans le domaine du paranormal soulignent aussi l’'influence déterminante du conditionnement culturel. Ainsi constate-t-on que seuls les chrétiens ont des apparitions de la Vierge.… A l'’inverse, faut-il penser que seuls ceux qui croient aux démons rencontrent incubes et succubes ? Manière de dire au Diable, comme Dieu, reconnaît les siens… !

 

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 Aura2

 

La taverne de l’'étrange- 6 novembre 2006

Lundi 06 Novembre 2006 à 19h03 dans Diable & démons7 commentaire(s)


Taverne Etrange TV- vos témoignages audios par tyron29

 


 

Pour nous joindre :

Aura2

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